Week-end sanglant au Gabon : Le soupçon d’un sacrifice électoral ?

mercredi 10 août 2016 Politique


Suite à la série d’accidents mortels, à Libreville et ses environs, accidents qui pour tous bilans confondus ont fait au moins 17 morts, le week-end dernier, ils sont de plus en plus nombreux, ces compatriotes, qui y voient un holocauste électoral. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, le soupçon des sacrifices électoraux semble désormais difficilement dissociable de l’organisation d’un scrutin quel qu’il soit. Et avec ce week-end mortel, à quelques semaines seulement de l’échéance présidentielle, c’est la problématique des crimes dits rituels et autres sacrifices humains qui semblent être relancée.

Un week-end sanglant. C’est ce que viennent de vivre les Gabonais, après la série d’accidents, qui ont endeuillé de nombreuses familles. Le premier et sans doute le plus sanglant, celui intervenu à Kango sur la Nationale 1, dans la nuit de jeudi à vendredi, à une centaine km de Libreville la capitale gabonaise. Le bilan provisoire fait état de 17 morts, avec 4 blessés graves. Plusieurs sources concordantes laissent croire que le chauffeur, qui roulait à une folle vitesse n’a eu aucune marge de manœuvre pour éviter le canter de bananes renversé peu avant sur la voie. Est intervenu ensuite celui qui s’est déroulé samedi au quartier Acae (Libreville) devant l’hôtel Boulevard. : Plus de peur que de mal, les 8 morts annoncées ont été par la suite démenties. Un autre, toujours à Libreville cette fois au quartier Nzeng Ayong. Il s’agit d’une femme écrasée par un chauffeur fou, dimanche dernier. Pour tous bilans confondus, ce sont donc au moins 18 compatriotes qui ont disparu en un seul week-end.

La réaction du gouvernement ?

En guise de réaction, le gouvernement d’Ona Ondo a convoqué, lundi dernier une réunion d’urgence. Au nombre des mesures prises, il y a l’interdiction faite désormais à tout gros camion de circuler la nuit sur la voie accidentée. Autre décision, la prise en charge des funérailles pour tous les disparus, ainsi que l’assistance à tous les blessés.

Des mesures qui visiblement ne suffisent pas à calmer les critiques de plus en plus virulentes des compatriotes, qui voient dans cette série de drames, non plus le mauvais état des routes et la responsabilité des conducteurs au volant, mais plutôt des sacrifices électoraux. Et cela dans la perspective du scrutin présidentiel du 27 août prochain. Surtout que dans notre pays toute élection, quelle qu’elle soit alimente toujours les fantasmes d’un certains nombre de maux parmi lesquels, les sacrifices humains et autres crimes dits rituels, avec prélèvement d’organes. Des crimes censés apporter la victoire à certains acteurs pour, qui une élection n’est plus une bataille démocratique, destinée à alterner les intelligences aux affaires pour le développement de la communauté, mais plutôt un moyen d’ascension sociale. Et dans cette vision opportuniste de l’élection, certains compatriotes, animés d’un esprit diabolique ne tardent plus à faire passer d’autres pour du simple bétail que l’on offre en holocauste sur l’autel électoral.

Aussi paradoxal et cocasse que cela puisse paraître, il s’agit bien d’une réalité, où seul le crime quel qu’il soit est toujours célébré comme un moyen de réussite sociale. Le tout couronné par une impunité jamais égalée. Résultat : tout le monde court chez les Nganga et autres vendeurs d’illusions, qui promettent le succès facile, à travers des cérémonies nocturnes macabres la veille d’une élection. Le mal est profond et il faut l’attaquer à la racine. Ce n’est pas en convoquant quelques petites réunions pour essayer de se sauver la face qu’on arrivera à juguler la flambée des crimes préélectoraux au Gabon.

A côté de cette ascension du crime, il y a aussi le mauvais état des routes. Il est lamentable en effet de voir l e pouvoir se targuer d’avoir réalisé un peu plus de 1000 km seulement de routes en 7 ans, alors que depuis près d’un demi siècle, le Gabon considéré comme un Emirat pétrolier offre l’image d’un pays misérable, avec des routes qui deviennent chaque jour des mouroirs pour les Gabonais.


Charles Nestor NKANY

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