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Validation de la candidature d’Ali Bongo Ondimba : Mborantsuo n’a pas dérogé à la règle !

vendredi 29 juillet 2016 Politique


Après la validation de la candidature d’Ali Bongo Ondimba par la Cour constitutionnelle, les réactions sont désormais partagées. D’un coté, tous ceux qui bombent le torse et clament que la Cour constitutionnelle n’a fait que lire le droit, de l’autre les opposants au régime Bongo, qui y voient une Cour aux ordres. Une joie et un grand ouf de soulagement pour la galaxie présidentielle qui retenait jusqu’ici son souffle. Une immense déception pour l’opposition qui a cru jusqu’au dernier moment que l’institution « lirait » cette fois le droit. Et qui devra à ses dépens compter Ali Bongo dans la course.

Grande désillusion pour l’opposition qui vient d’apprendre à ses dépens, la validation par la Cour constitutionnelle, de la candidature de l’actuel chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, qui brigue un second mandat à la présidentielle du 27 août prochain. Une validation faisant suite au recours en annulation de la candidature du président de la République, introduit en dernier recours par l’opposition, après l’échec de la démarche auprès de la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP). C’est un grand ouf de soulagement et un grand confort pour le camp présidentiel qui retenait jusqu’ici son souffle.

Le tout au grand désarroi de l’opposition qui n’a plus que ses yeux pour pleurer et est contrainte de constater impuissamment l’échec de cette invalidation de la candidature de Bongo par les institutions du pays. La ficelle était trop grosse pour ne pas être vue.

Cela aurait été une grosse illusion de croire que Marie-Madeleine Mborantsuo se démarquerait de la voie déjà empruntée par René Aboghe Ella, lors de la publication de la liste des candidats retenus. Lui, Aboghe Ella, président de la CENAP, accusé par l’opposition d’avoir voté en faveur de la candidature du locataire du palais du bord de mer, candidature qui bien qu’ayant manqué de consensus a nécessité le vote des membres de l’institution pour être validée. Surtout dans un contexte de suspicion presque généralisée des institutions par un nombre croissant de compatriotes qui accusent l’institution qu’il dirige d’être une marionnette à la solde du pouvoir.

Quid de l’attitude de l’opposition ?

Plutôt que de s’engager dans un bras de fer inutile avec le pouvoir qui dispose de tous les leviers de répression et qui peut à tout moment décapiter toute velléité de contestation comme ce fut le cas pour la marche de samedi dernier, l’opposition devrait se résoudre à la real politique en cours dans le pays.

A un mois seulement du scrutin, il s’agit concrètement pour elle de cesser d’amuser la galerie et de proposer un projet et une stratégie commune de prise de pouvoir. Cela passe nécessairement par la mise en place d’une candidature unique. Ce qui amoindrirait l’émiettement des voix de l’opposition et corserait davantage toute tentative de tricherie, si tricherie il y a.

Voilà la seule démarche qui vaille pour l’opposition. Car, s’il est vrai que de plus en plus de Gabonais aspirent aujourd’hui à l’alternance politique, il ne faut pas perdre de vue qu’en allant à 13 contre un, les opposants multiplient les chances d’Ali Bongo Ondimba de rempiler à la tête de l’Etat. Avec un président qui s’octroie une campagne triomphale sous le paravent d’une tournée dite ’’ républicaine’’, et ce avec tous les moyens de l’Etat à sa disposition et une opposition privée des médias publics et de manifestations, tous les prétendants de l’opposition doivent comprendre qu’il s’agit là avant tout d’une bataille déséquilibrée qu’il leur sera difficile de remporter dans cette vaste coalition désordonnée.

Car renverser un régime avec des tentacules cinquantenaires avec le seul concours des institutions qui ne jouent pas en leur faveur, c’est décider de jouer les plaisantins plutôt que les sérieux. Il s’agit d’un problème de réalisme et de maturité politique. On retiendra à la lecture de la décision des institutions concernées que la présidentielle à venir aura eu le mérite de mettre le droit gabonais à l’épreuve de la démocratie.


Charles Nestor NKANY

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