Urbanisation : L’Habitat représente-t-il réellement un chantier ?

mercredi 16 novembre 2016 Société & environnement


Depuis 2009, année où Ali Bongo Ondimba a accédé au pouvoir, en dehors de promettre à ses compatriotes devant lesquels il jurait qu’il ne serait heureux que lorsque ces derniers le seraient, il leur a présenté dans « l’Avenir en confiance », son projet de société, un ambitieux chantier de construction de 5000 logements par an dans l’optique, avait-il affirmé, de réussir l’exploit de faire accéder chacun de ses compatriotes à un logement décent. Mais aujourd’hui, malgré la valse des titulaires à la tête du département de l’Habitat, rien n’y fait. Et ce n’est pas Bruno Ben Moubamba qui part avec un handicap majeur, celui de ne pas parfaitement maîtriser les histoires d’ici qui sera l’être providentiel qu’attendent les Gabonais.

Sitôt fait Vice-Premier ministre en charge de l’Habitat et du Logement, Bruno Ben Moubamba s’est lancé dans une guerre contre ses compatriotes qu’il qualifie, à tort ou à raison, de squatters, ayant investi les cités de l’Emergence et de l’Egalité des chances au nord de Libreville à Angondjé, ainsi que celle de Bikélé dans le sens opposé sur la Nationale 1. Seulement, le tout nouveau patron des lieux ne s’est pas peut-être renseigné suffisamment sur les conditions dans lesquelles ces « propriétaires » le sont devenus.

A en croire d’ailleurs ces derniers, la méthode cavalière utilisée ne cadre pas avec la foultitude de procédures qui peuvent être mises en branle pour trouver solution à un problème qui n’en n’est pas réellement un aux dires des occupants des cités qui se plaignent de ce qu’une autorité sensée travailler à la réalisation du projet de société du chef de l’Etat en soit en train d’en saper les fondements. Car, quoi mieux que le logement, la santé et l’éducation représente un indicateur de performance ? Dire que c’est justement derrière ladite performance que court Ali Bongo Ondimba qui a, ne l’occultons pas, promis de faire du Gabon un pays émergent à l’horizon 2025.

Bruno Ben Moubamba sait-il que dans les seules cités d’Angondjé vivent au bas mot 5 000 âmes qu’il aura du mal à reloger tant l’Habitat reste avec bien d’autres secteurs hélas, le talon d’Achille de la politique gouvernementale. Qu’adviendrait-il si tout ce beau monde qui semblait déjà avoir trouvé un équilibre dans ces lieux en était vidé ? Des Gabonais en plus à mettre à la rue par ces temps de crise quasi-généralisée ? Et pourtant, ce ne sont pas les solutions qui manquent pour résoudre cette équation. Il est par exemple proposé aux autorités de recenser les occupants desdites cités dont la dénomination en dit long aux fins d’officialiser leur statut dans ces lieux et d’ouvrir en concertation avec ces derniers la procédure d’attribution des logements. Cette solution ne serait pas bonne à exploiter si l’on tient à éviter de faire des mécontents supplémentaires ? Et ces mécontents supplémentaires ne viendraient-ils pas grossir les rangs d’une population que la paupérisation, même si on ne le dit pas assez, loin de lasser, révolte ?

Au lieu de s’engager dans la construction de logements et dans des opérations de charme en direction de potentiels investisseurs immobiliers pour vite rassurer les Gabonais qui attendent avec impatience que s’écoulent les cent jours sans période grâce du Gouvernement Issoze Ngondet pour le juger au pied du mur comme on le ferait pour le maçon, voici son équipe en général, le département du Logement et de l’Habitat en particulier, déviant de la trajectoire, menaçant même toute l’équipe ministérielle de perdre la confiance des populations, déjà entamée. D’où la question que nous nous posons de savoir si en vérité loger les Gabonais est pris comme une priorité pour les autorités qui devraient, pour nous le prouver, prendre le taureau par les cornes, c’est-à-dire, faire tout ce qui est possible pour résoudre ce problème épineux dans des délais raisonnables. Cela, nous apprend-on est possible, alors où est-ce que cela coince ? Quand on sait que des pays qui ne disposent pas d’autant de richesses que le Gabon et qui nous regardent, cela est sûr avec curiosité, le Kenya et la Guinée-Equatoriale pour ne citer que ces deux exemples patents, ont fait avec le peu de moyens dont ils disposent, à prendre avec euphémisme, des prouesses en se dotant de logements ultra-modernes mis à la disposition du grand public.


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 23 novembre à 10:50, par serges dry En réponse à : Urbanisation : L’Habitat représente-t-il réellement un chantier ?

    mais d autre que leur dossier sont introduit depuis des année qui y sont malhonnête alors ?mr GUTY

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  • Le 23 novembre à 09:59, par serges dry En réponse à : Urbanisation : L’Habitat représente-t-il réellement un chantier ?

    le gabon ne fait que reculer de plusieurs retard,ou y a manque ou c est l envoutement des gens qui sont nommé ministre et qu ils ne méritent pas d etre,ils sont tous bornés aucune inspiration des ces derniers de leur chef aux DG,j ai regardé l émission sur la chaine de louembé( Kanal7 )sur les logements sociaux mais on est ou la ?ils cherchaient a se défendre pour un téléspectateur pour son dossier de 2014et ils parlaient du pays c est manqué du respect aux gabonais

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  • Le 16 novembre à 10:00, par Assoumou En réponse à : Urbanisation : L’Habitat représente-t-il réellement un chantier ?

    Bonjour,

    Je croyais qu’être journaliste c’était chercher les bonnes informations...
    Visiblement, je constate avec beaucoup de tristesse que finalement, il y’a des journalistes qui ne pensent qu’à semer le trouble.
    Lorsque vous parlez des squatters, déjà pour information, ce n’est pas le ministre actuel de l’habitat qui est l’auteur de cet adjectif, ils sont squatters et appelés ainsi depuis le jour ou ils sont rentrés illégalement dans ces maisons. Oui, monsieur, ce sont des squatters, j’ajouterais même des voyous au même titre que n’importe quel voleur et braqueur des quartiers.

    Pourquoi ne parlez-vous pas des gabonais qui ce sont endettés pour acquérir ces logements, qui ont fait des dossiers, et pour d’autres ont été tirés au sort après dépôts des dossiers également. Ces gabonais qui ont suivis et respectés les procédures et qui aujourd’hui attendent depuis des mois, pendant que "vos protégés, plus gabonais que d’autres" ont pris en otage les logements. Pourquoi dans les médias, rien n’est dit sur ces gabonais là ? Ces gabonais qui font preuve de patience malgré les crédits qu’ils remboursent depuis des mois ? Et qui sont encore en location, parce "vos protégés" ont pris en otage les maisons payées par d’autres ?
    onc, qu’ils soient 2 ou 5000, ils doivent sortir et ils sortiront, ils ont été au courant depuis le début, et il y’a eu une ordonnance du tribunal depuis le mois d’aout,

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  • Le 16 novembre à 08:36, par GUTY En réponse à : Urbanisation : L’Habitat représente-t-il réellement un chantier ?

    Pour une fois je ne suis pas d’accord avec vous, comment comprendre que des gabonais ont pris des crédits pour avoir ces logements souvent plus de 20 millions et que d’autres viennent s’installer sans déboursé le moindre sous. Ne sommes nous pas tous des gabonais.reconnaissons que le mandant des 7 ans a été un catastrophe planétaire, mais cela n’est pas une raison pour être encore plus malhonnête

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