Ultimatum de l’USP : Echec ou revirement de position ?

mardi 17 mai 2016 Politique


C’est la question que se posent désormais de nombreux compatriotes, après l’annonce faite par l’Union Sacrée pour la Patrie (USP), à l’occasion de son premier meeting au collège Ntchoréré, le 23 avril dernier. Et ce, alors même que le délai de trois semaines que s’étaient donné les cadres de ce conglomérat politique a expiré depuis le samedi 14 mai dernier. S’agit-il maintenant que d’un effet d’annonce, ou au contraire d’un revirement de position ?

Trois semaines, c’est le temps donné par les cadres de l’Union Sacré pour la Patrie (USP) pour ‘’bouter Ali Bongo Ondimba hors du palais présidentiel’’ pour les tenants de cette plateforme qui font de la disqualification d’Ali Bongo Ondimba, un préalable à toute participation à la présidentielle. Pour eux, participer au scrutin avec l’actuel Premier magistrat gabonais en lice, s’assimile à une violation de la Constitution, notamment l’article 10 de la loi fondamentale. Lequel article dispose que « toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se porter candidat à la Présidence de la République ». C’est pourquoi, pour eux, la destitution d’Ali reste le seul moyen de l’empêcher de se représenter à nouveau, d’où la mise en place de ce calendrier de destitution.

Concrètement le scénario prévoyait d’abord une semaine pour permettre au président de la République de quitter lui-même le pouvoir. La deuxième semaine était destinée à la saisine de l’Assemblée nationale, afin qu’elle le destitue au cas où le chef de la mouvance présidentielle refuserait de s’exécuter, la dernière semaine étant réservée à une insurrection populaire.

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Démarche crédible ou spectacle politique ?

Si certains dans l’opinion, notamment les partisans de l’alternance saluent cette démarche, pour enfin en finir avec le système bongo, il reste que d’autres affichent leur réticence quant aux conséquences qui pourraient découler d’une éventuelle insurrection populaire. En même temps certains analystes voient dans ce calendrier de destitution, une sorte d’amateurisme de ces barons opposants qui ont préféré d’abord saisir l’Assemblée nationale pour qu’elle destitue Ali Bongo Ondimba.

Laquelle assemblée, disons-le bénéficie d’une large majorité de députés issus du PDG. A moins de porter des œillères, il est impensable que le PDG destitue son propre candidat et laisse la voie libre à l’opposition.
Une autre preuve d’amateurisme réside dans le fait même pour les Myboto et autres de saisir la deuxième chambre du Parlement, alors que la constitution gabonaise ne prévoit aucune destitution du Président de la République par les députés.

Analphabétisme politique ?

Véritable amateurisme politique pour ces vieux routiers de la politique gabonaise, qui savent bien que le Président de la République n’est mis en cause par le parlement devant la Haute cour de justice que lorsque ce même parlement est saisi exceptionnellement par le Premier Ministre. Selon l’article 78 de la constitution. Autrement dit, pour qu’Ali Bongo Ondimba soit traduit devant la haute cour de justice, la seule instance habilitée à le juger, il faut que l’actuel premier Ministre, le Pr Daniel Ona Ondo ait saisi le parlement.

Scénario presqu’impossible, surtout quand on regarde de près la dernière sortie du Professeur qui a juré devant Dieu et devant les hommes qu’il ne démissionnera pas. Il reste donc à l’opposition la seule voie de l’insurrection populaire. Ce qui pour beaucoup semble improbable, l’esprit gabonais étant différent de celui du Burkina Faso.


Charles Nestor NKANY

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