UFA/ FOPA : Des combats divergents ?

mardi 6 octobre 2015 Politique


Ce qui se passe au sein du parti au pouvoir au Gabon, le Parti démocratique gabonais, semble avoir depuis gagné l’opposition qui se saborde par ces temps de veille si l’on tient compte du fait que 2016, année à laquelle sera organisée la présidentielle au Gabon, approche à grands pas.

Nous ne cesserons de parler décidément de Pierre-Claver Maganga Moussavou et surtout de son agitation au sein d’une opposition qui parait aphone en dépit du fait que Jean Ping soit en train de tenter « l’impossible » sur le terrain, une arène qu’il découvre après avoir longtemps servi dans des bureaux cossus en tant que ministre d’Omar Bongo Ondimba d’abord et comme président de la Commission de l’Union africaine ensuite.

Des déclarations du patron du PSD, il ressort qu’il n’est pas en phase et qu’il ne le sera jamais avec les autres opposants qui, eux, militent pour la candidature unique l’année prochaine afin de mettre fin au règne d’Ali Bongo Ondimba. Qu’est- ce à dire ?

Simplement qu’il est prêt à jouer à nouveau un coup tordu en donnant l’impression de se positionner face à un « vrai » opposant peut- être afin de batailler dur pour remporter le plus de voix face à ce dernier et par la suite servir de couloir au candidat PDG à qu’il permettrait de prendre le pouvoir sans coup férir.

Ce scénario pour classique qu’il puisse paraître suscite bien bon nombre d’interrogations jusque dans les partis de la majorité républicaine pour l’Emergence tirés par le Parti Démocratique Gabonais, car l’on se méfie aujourd’hui plus qu’hier de tous ceux qui peuvent venir faire ombrage aux « amis d’Ali », Pierre-Claver Maganga Moussavou n’étant pas un enfant de cœur et ne faisant rien pour rien.

 Il suffit de se souvenir que sous Bongo père, il s’était déjà illustré plusieurs fois par ses entrées et sorties tout aussi fracassantes les unes que les autres, poussant plus d’un à se poser la question de savoir qu’est-ce qu’il voulait réellement et à se demander à quel bord il appartenait. Qu’à cela ne tienne, l’attitude du « bouvier de Moutassou » pose véritablement problème dans une opposition qui a du mal à retrouver ses marques des années 90 et court à tout moment le risque de se laisser dribbler par un pouvoir que certaines langues disent prêt à faire feu de tout bois.

 Quid finalement du combat de cette opposition ?

Ont-ils raison ces hommes qui affirment qu’il existe au Gabon des oppositions ? Question fondamentale puisqu’à l’évidence, UFA et FOPA, même s’ils déclarent tous deux qu’ils rêvent d’une l’alternance au sommet de l’Etat en 2016, éprouvent un mal fou à accorder leurs violons, les uns prônant une tactique consistant à un départ à la bataille non pas en rangs dispersés, mais avec un seul porte- étendard, d’où ils militent pour une candidature unique, alors que les autres croient bon de miser sur de nombreux candidats comme si l’on était dans une logique à second tour, pour, disent- ils, maximiser le taux de réussite de leur camp à la prochaine élection. Curieux !

Dans ce qui s’installe comme une cacophonie, il y a lieu de penser que quelques malins, comme d’habitude, l’on ne sait avec assurance à quel groupe ils appartiennent, rouleraient pour le pouvoir en adoptant en sourdine, accords tacites quand vous nous tenez, un comportement de prébendiers consistant à offrir la victoire pour en retour obtenir par exemple des postes aux futurs gouvernements, dans les grandes sociétés parapubliques ou dans les institutions constitutionnelles, c’est, ne mâchons pas les mots, de coutume ici, même si l’on ruse souvent amenant le peuple se balader puisque son avis en pareille circonstance ne compte que très peu.

Et ce peuple là, quand se réveillera-t-il pour pousser les politiciens « sorciers » à revenir à la définition que donnait l’homme politique américain Abraham Lincoln de la politique, à savoir « le gouvernement du peuple pour le peuple et par le peuple » ?

L’opposition qui a tant fait rêver, veut- elle être considérée comme le camp au pouvoir que l’on dit incapable ou simplement en retard sur la réalisation du projet de société de son « mentor », « l’Avenir en confiance » ?

Autant de questions qui demandent d’être franchement méditées si l’on tient à éviter que le champ politique n’intéresse plus personne ou presque et qu’en serait- il de l’atmosphère si les gouvernants n’attirent plus ?

Eux qui devaient comme sous d’autres cieux inspirer au point de créer dans la tête de chacun un rêve prometteur pour contraster avec ceux qui poussent la communauté aller bâtir des châteaux en Espagne. 


JGN

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