UE-Afrique centrale : APE, une arnaque européenne !

lundi 22 février 2016 Economie


Dans un contexte économique et commercial caractérisé par la montée en puissance des pays dit émergents, leur irruption sur le marché africain, donne des sueurs froides au vieux continent. Pour s’assurer l’exclusivité dudit marché, l’Union Européenne voudrait à tout prix imposer l’Accord de Partenariat Economique (APE) aux Etats africains. Cet accord, sous sa forme actuelle, ne semble être profitable qu’à une seule partie :l’Europe, ancienne colonisatrice, au détriment de l’Afrique.

Tout porte à croire que le vieux continent veut s’assurer l’exclusivité du marché africain. Présenté comme le moyen le plus sûr d’assurer le développement économique et commercial de nos pays (Afrique centrale), l’APE est une véritable arnaque. Qu’est ce que l’APE ? Est-il bénéfique pour l’espace économique d’Afrique centrale ? Quel est l’impact d’un tel accord sur l’économie de nos pays d’Afrique centrale et sur leur développement social ? Telles sont les interrogations que suscite cet accord que l’Europe voudrait absolument voir les pays d’Afrique centrale signer au plus tard le 4 Août prochain.

 

Qu’est ce que l’APE ?

 

Comme tous les accords internationaux économiques, commerciaux et financiers, l’APE se doit d’être différencié des autres catégories d’accords de partenariats économiques. En 1995, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) introduit le principe d’égalité de traitement (réciprocité) selon que les pays signataires devaient appliquer les mêmes règles quel que soit leur niveau de développement. C’était la fin du régime de préférence commerciale impliquant les anciens pays colonisés devenus indépendants, notamment les Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

 

 Intégrant l’OMC, l’accord de Cotonou était de ce fait caduc. Son adaptation aux règles de l’OMC était indispensable. L’APE naît donc de l’accord de Cotonou signé en juin 2000 pour une durée de 20 ans. La continuité de préservation des relations commerciales basées sur les préférences commerciales, mais réciproques proposées aux pays ACP dans le cadre de cet accord, prévoit une zone de libre échange à l’horizon 2020 à travers la négociation et la signature de nouveaux accords commerciaux dénommés :« Accords de Partenariat Economique » (APE).

 

L’APE étant alors un nouveau type d’accords ajouté à ceux déjà en vigueur (7 entre le Gabon et l’Union Européenne). La signature de l’APE induit de fait, la disparition des taxes douanières entre l’Europe et les pays signataires Il est différent des autres types d’accords et n’implique pas l’investissement essentiel dans la transformation structurelle, la croissance économique et l’emploi, tout comme il ne représente pas un accord de financement. Les règles applicables à l’investissement et au financement diffèrent de celle en matière de commerce. La question de savoir en quoi cet accord est-il bénéfique pour le Gabon se pose donc avec beaucoup d’acuité.

 

Un accord commercial de libre-échange est viable pour une nation si cette dernière en tire profit économiquement et financièrement en termes d’avantages, de bénéfices et de bien-être et minimise à travers son application, les coûts, pertes et autres effets négatifs qui en découlent. Etant un accord commercial de longue durée, quels sont les éléments qui justifient sa viabilité pour l’Afrique centrale et le Gabon ?

L’on comprend aisément que nos pays, contrairement aux européens, ont été sevrés d’une véritable industrie, d’une économie forte et efficace, capable de rivaliser avec celle de l’Europe.

Avec cet accord, le marché africain se verra envahi de produits européens et le contraire n’aura jamais lieu. La possibilité de créer une industrie sera totalement compromise sans oublier les conséquences liées au chômage avec tout ce que cela implique.

 

L’APE, arnaque européenne !

 

 Les pressions exercées sur les responsables de nos Etats semblent corroborer cette assertion. A la veille d’une élection capitale dans notre pays, l’on peut comprendre pourquoi Ali Bongo Ondimbaa été désigné par l’Union Européenne pour conduire les négociations entre les chefs d’Etats avec obligation de parvenir à la signature du document sur ce nouvel accord par l’ensemble des Etats d’Afrique centrale le 4 Août 2016, mois de l’élection présidentielle au Gabon.

Gageons que, comme l’a dit Alain- Claude Bilié- By-Nzé, ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, lors d’une conférence de presse, que le président Ali Bongo Ondimba ne signera jamais un accord qui ne profite pas à l’Etat gabonais.

 

 

 

 

 


Tony Muru

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