Treize parcs nationaux, aucun dividende réel sur le PIB

lundi 4 avril 2016 Economie


Si certains pays d’Afrique, la Tunisie, l’Egypte et le Sénégal, pour ne citer que ceux-là, savent profiter de leurs richesses naturelles, tel n’est pas encore le cas pour le Gabon, pays disposant de treize parcs nationaux d’une richesse immense, mais qui demeurent sans apport réel pour l’économie nationale.

La diversité naturelle du Gabon est épatante. Le territoire national est couvert à 85% par une forêt équatoriale luxuriante. Cet espace abrite une diversité d’espèces vivantes et des essences naturelles aux spécificités uniques, susceptibles d’attirer un nombre important de touristes venant du monde entier. Pour valoriser ce potentiel unique, le Gabon a, sous l’action d’Omar Bongo Ondimba en 2002, créé treize parcs nationaux.

L’objectif étant de valoriser les richesses de la forêt gabonaise et de répondre aux impératifs de développement et de protection de l’écosystème. Eparpillés sur l’ensemble des neuf provinces que compte le pays, ces parcs couvrent environ trois millions d’hectares, soit plus de 11% du territoire national.

Malgré ce potentiel, le rendement de ces parcs dans le PIB du Gabon reste encore très minimal. En 2011, selon les estimations, la contribution du secteur touristique, poussée par l’existence des parcs nationaux a été de 2,8% seulement du PIB. Une contribution dérisoire en comparaison avec d’autres Etats qui engrangent d’énormes profits grâce à ce secteur d’activité. Si les parcs nationaux ne demeurent pas l’unique leitmotiv de la présence des touristes au Gabon, ils sont l’une des raisons principales.

Défaillance des infrastructures

Il était prévu que le Gabon devienne en 2015, « la première destination mondiale pour le tourisme lié à la forêt tropicale africaine, ainsi qu’un modèle pour les parcs du XXIème siècle ». Aux dires des autorités, les perspectives en termes de croissance de la population des touristes vont jusqu’à 100. 000 touristes par an d’ici 2020 avec une proportion à la hausse des investissements. Certes, le secteur des services dédié à l’immobilier connait au Gabon un développement accru, mais le manque criard des infrastructures routières, le faible développement du réseau aérien, ainsi que des agences touristiques pour accompagner ces orientations ne font qu’entraver le développement du secteur. Si les cinq premières années de création des parcs ont été les plus dynamiques avec la présence accrue des ONG tels que Wildlife Conservation Society (WCS), World Wildlife Found (WWF), Ecofac et bien d’autres, ce n’est pas le cas pour les neuf dernières qui ont été plus difficiles.

Déficit de formation et d’emplois

La population active gabonaise selon les statistiques de la Banque mondiale était d’environ 650.000 individus en 2014. Sur cette population, seulement 5000 emplois sont répertoriés dans le secteur touristique, soit environ 1% de la masse salariale globale du Gabon.

De même, un gros déficit de formation subsiste dans le secteur. Ce qui écarte d’emblée certains de la possibilité de jouir des avantages d’emplois qu’offre le secteur. Cette défaillance est due à l’inexistence des centres de formation spécialisés en tourisme et à des politiques d’emploi le plus souvent décalées quand bien même, le secteur regroupe les professions de demain au regard des enjeux climatiques actuels.

Manque de visibilité

Une seule entité, Gabontour, sert de promoteur et d’intermédiaire à la fois pour les treize parcs nationaux et globalement pour le tourisme au Gabon. Son travail est appuyé par l’action des ONG précitées qui font également la promotion du secteur touristique local.
Le sous-développement du secteur est dû au manque de politiques ciblées à moyen et long terme. En effet, le secteur du tourisme manque au Gabon de visibilité et c’est peut-être à ce niveau que se situe la principa


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