Transport : Quand la sécurité des passagers importe peu à la CNNII !

mercredi 27 avril 2016 Société & environnement


La compagnie nationale de navigation intérieure et internationale est une société dangereuse ! Et pour preuve, elle a mis en péril la vie de plus 300 personnes vendredi 22 avril courant. Les passagers à destination de la capitale économique, Port-Gentil, embarqués sur le catamaran « Ntchengue Express » ont failli passer de vie à trépas.

On a frôlé le pire vendredi 22 avril 2016 ! Le bateau « Ntchengue express » est parti du port Antarès de Libreville très surchargé. « Comment dans ce pays on peut accepter au vu et au su de tout le monde que la vie humaine soit mise en danger de cette façon ! », s’est exclamé un passager dépité comme tous les autres.

La compagnie a vendu plus de billets que prévu, dépassant largement les 240 places du catamaran. Un des responsables au quai de Port-Gentil, très gêné à l’arrivée du bateau, (après plus de 4 h de navigation, a confié « Il n’y a pas eu de coordination entre les deux sites qui vendent les billets à Libreville. »Du coup, le bateau a levé l’ancre du port d’Antares avec 1 h et 37 minutes de retard, alors que le départ était prévu à 16h et la convocation à 14 h30 min.

Un véritable désordre dont seule la CNNII a le secret. Les passagers ont dû user de force et ruse pour pouvoir accéder au bateau. Une situation gênante, particulièrement pour les femmes, enfants et les personnes du troisième âge. Et comme, il fallait s’y attendre cette désorganisation a provoqué le courroux de plus d’une centaine de passagers restés à quai. Les deux ou trois éléments de force de sécurité postés au port ont eu toutes les peines du monde à contenir la foule en colère.

En fin de compte, la centaine de passagers en plus, a finalement pu avoir accès sur le gaillard du bateau, (partie extrême du pont supérieur). Comble de l’aberration ! « C’est extraordinaire et suicidaire dans cette partie du bateau on ne transporte jamais les gens. C’est fait pour stocker les bagages  », a confié un mécanicien de bateau qui affirme « il n’y a pas de sécurité dans la CNNII, ce qui intéresse cette société c’est, juste l’argent, c’est malheureux, c’est pareil dans le Sété Cama, le bateau qui dort en mer. Là bas c’est du vrai n’importe quoi ».

C’est dans ces conditions et avec la bénédiction du commandant du bateau et de la marine marchande que le catamaran a pris la mer.Les passagers sur le pont supérieur pris de peur par cette surcharge ont signé une pétition contenant 51 signatures pour exiger plus de sécurité.

Selon Leay Manfoumbi, un des initiateurs de cette pétition « l’objectif n’est pas tant de demander un remboursement qui ne viendra jamais, mais il s’agit plutôt d’envoyer un signal fort à la compagnie, à la marine marchande et au Gouvernement pour faire en sorte que le laxisme et l’amateurisme ne puissent plus prospérer. Comment imaginer qu’en 2016 nous soyons réduits à voyager comme des moutons sans les moindres conditions de sécurité .C’est incroyable ».

« On n’a même pas de gilets de sauvetage avec cette mer agitée, Seigneur protège-nous » a lancé une dame agrippée à son époux. Sur le bateau les deux couloirs d’évacuation ont été obstrués par des chaises, empêchant certains passagers d’aller se soulager. Des chaises supplémentaires ont également été installées à l’arrière du bateau par le personnel navigant du Ntchengue express.
Un mécanicien a dû inviter les passagers à cesser de fumer, car certains jetaient les mégots à côté de la salle des machines où il y a des produits inflammables.


Le catamaran a ainsi navigué au mépris des consignes de sécurité. Le comble c’est que tous les bagages ne sont arrivés que le lendemain sur une barge. Un désordre préjudiciable pour beaucoup de voyageurs dont des confrères d’une chaine de télévision internationale venus couvrir un événement dans la capitale économique. Ces derniers n’ont pas pu remplir la mission pour laquelle ils ont effectué le déplacement à Port-Gentil.

« La compagnie nationale de navigation intérieure et internationale est nulle en matière d’accueil.Ses employés sont incapables d’organiser le service et mettre à l’aise les passagers avant d’embarquer, c’est vraiment des amateurs. Ils nous font attendre sous le soleil dans leurs hangars mal construits. Plus jamais je ne retenterai la traversée en bateau. Je préfère me sacrifier pour prendre l’avion, au moins il n’y aura pas de surcharge  », a confié un passager.

Il faut sauver la CNNII et le gouvernement est interpellé à cet effet afin d’ apporter urgemment des solutions, surtout à l’approche de la haute saison maritime entre Libreville et Port-Gentil, correspondant aux vacances scolaires. Il faudrait à tout prix éviter des drames tel celui du bateau « Le Joola » ce navire sénégalais conçu pour transporter 550 personnes a chaviré dans l’océan au large de la Gambie le 26 septembre 2002 avec officiellement 1863 personnes à son bord dont deux étudiants gabonais (Mbourou Everlasse et Oumy Sossa Niasse).


YAO

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