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Transhumance électorale au Gabon : Une preuve patente de fraude ?

jeudi 3 mars 2016 Politique


On transporte les électeurs d’une province à une autre pour faire le plein des urnes, en faveur de tel ou tel candidat. On parle même du « bétail électoral ». Ces électeurs, sont charmés à coup d’espèces sonnantes et trébuchantes, sans tenir compte de leurs réelles intentions de votes. Une pratique courante qualifiée de fraude électorale par de nombreux observateurs avertis.

La transhumance électorale. C’est ainsi qu’on qualifie le transfert de certains compatriotes d’un coin à un autre du pays en période électorale. Un transfert monnayé au prix de quelques billets de banque, et qui aux yeux de certains constitue déjà une preuve flagrante de la fraude électorale. D’ailleurs, les dernières élections législatives (en 2011), nous ont montré la gravité de ce trafic d’électeurs, avec un déplacement massif de certains compatriotes des provinces du sud du pays vivant à Libreville vers les provinces du centre pour enrôlement et vote, des candidats nantis, et vice versa. Une situation posant indubitablement le problème de l’identification voire l’authentification des électeurs dans le fichier électoral.

Incompétence des services habilités ou simple complicité de magouille ?

Difficile de répondre à la question, mais toujours est-il que la responsabilité d’un tel phénomène résulte des insuffisances notoires des institutions en charge de l’organisation et la gestion du processus électoral au Gabon. A cela, s’ajoute l’ambigüité entretenue par le personnel politique de tout bord, qui multiplie des moyens, même non légaux et conformes pour accéder ou demeurer au pouvoir. D’où le trafic du « bétail » électoral. Un transfert des électeurs, savamment orchestré ! En fait, la pratique tacite relève bel et bien de la corruption électorale dans notre pays. Un trafic jetant ainsi le doute, pire le discrédit sur la fiabilité des élections au Gabon.
Une pratique non sans conséquence !

La contestation systématique des résultats, avec toute la violence que cela suscite parfois. Voilà la conséquence immédiate des élections empreintes d’irrégularités. Lesquelles irrégularités étant pour la plupart dues au phénomène de transhumance électorale. Et l’exemple notoire des événements de Port-Gentil, lors de la dernière présidentielle, en 2009, est révélatrice de la sempiternelle contestation post-électorale en terre gabonaise. Il appartient donc aux institutions impliquées dans l’organisation des élections, notamment le ministère de l’Intérieur, de veiller à la régularité des inscriptions sur les listes électorales dans toutes les contrées du pays. Cela passe nécessairement par la mise en place d’un fichier électoral fiable et sécurisé, afin d’éviter toute intrusion malveillante, des « électeurs achetés ».

Une telle démarche limiterait, sans aucun doute les cas de fraude et les contestations systématiques des résultats des urnes. Même si ce transfert électoral, il faut bien en convenir ne constitue pas à lui seul la cause de la fraude électorale au Gabon. Il y va de la maturité et du bon sens des acteurs politiques, mais aussi de la crédibilité de notre démocratie gabonaise.

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