Traitement salarial des ouvriers agricoles : Olam lève l’équivoque…

lundi 29 janvier 2018 Economie


Environ 2/3 du personnel des plantations d’Olam perçoit un salaire mensuel de 150 000 francs CFA. Une réalité souvent incomprise par les ouvriers agricoles dont certains estiment êtres grugés par l’agro-industriel. D’où les éclairages d’Olam Gabon.

Implanté en plein cœur de la province de la Ngounié sur trois lots (1, 2 et 3), les unités de culture et production du palmier à huile du groupe singapourien Olam, proches de Mouila, offrent du travail à de nombreux autochtones et résidants, (Ndlr : environ 6310 personnes). Payés mensuellement à 150 000 francs CFA, en conformité avec l’Accord d’établissement (AE) passé entre l’entreprise et l’Etat, certains employés considèrent ce salaire précaire, au regard de la pénibilité du travail fourni par l’ouvrier agricole dans la culture du palmier à huile. Ce qui explique à tort ou raison l’image collée à Olam, celle d’une entreprise qui ne respecte pas les lois Gabonaises en vigueur en termes de traitement salarial.

Ce que conteste bien évidemment Olam. « Nous rémunérons notre personnel d’exécution, les ouvriers agricoles à 675 francs CFA l’heure. Lorsque vous faites le calcul, 675 francs CFA par 200 heures qui représente le nombre d’heure de travail durant un mois, cela vous donne comme résultat, 135 000 francs CFA », explique le Responsable Régional des Ressources humaines (GRH), Juldas Bouckinda. « Notre personnel ne perçoit pas de prime de transport parce qu’il est déjà transporté. Sans cela, il y aurait un rajout de 35 000 francs CFA », explique le GRH. Du côté des ouvriers agricoles, on a cependant du mal a avalé cette pilule.

Une incompréhension née de l’ignorance ?

« Pourquoi Olam nous paie en dessous du revenu minimum mensuel alors que je suis sensé percevoir 150 00 francs FA ? ». C’est constamment la question posée, surtout en fin de mois, à Juldas Bouckinda. Le désir d’occuper un emploi et dans la précipitation, sans prendre connaissance du contrat de travail est à l’origine de cette incompréhension généralisée, même si l’industriel, Olam, a également sa part de responsabilité. A côte de ce problème, il y a également les non-dits relatifs au statut des sous-traitants.

« En marge de cela, il y a parfois des situations personnelles où l’employé peut venir vers l’entreprise et nous demande une avance sur salaire suite à un problème personnel. En plus de la quinzaine, nous lui donnons cette avance. Nos employés qui n’ont pas une véritable connaissance du bulletin de salaire, se retrouvent des fins de mois parfois avec des net à payer de 50 000 francs CFA ou de 75 000 francs CFA et, ils vont vous demander explications », explique le GRH. Mais la question que l’on peut se poser est celle de savoir si ces derniers ont le temps de prendre réellement connaissance de leur contrat, quand on sait que devant le besoin pressant, Olam n’accorde pas aux ouvriers agricoles le temps de lecture nécessaire ?

Par ailleurs, l’abondance dans ses unités de culture et de transformation de la noix de palme, de la main d’œuvre, en grande partie, composée des saisonniers (CDD) ne permet pas de mesurer l’ampleur du phénomène. A la quinzaine et autres avances sur salaire déduites à la fin de mois, les employés sont également assujettis au paiement des cotisations sociales. « Nos employés ne comprennent pas qu’ils doivent participer à tout ce qui est régime social en République gabonaise notamment la CNSS et la CNAMGS d’une part et d’autre part, cotiser pour tout ce qui est régime fiscal », fait remarquer le GRH. Mais avec quel salaire ?

La qualification : véritable source du problème

« Travail égal salaire », déclare l’adage. En la matière, les torts sont partagés. En effet, l’Etat qui n’a pas su anticiper et comprendre qu’en dépit de son sous-développement, l’agriculture pourrait constituer un secteur stratégique. Car, si des ouvriers agricoles en Malaisie, France et dans bien des pays gagnent bien plus que 150 000 francs CFA, c’est en partie parce que beaucoup d’entre eux sont qualifiés. Certes, au Gabon, la question de l’existence des structures d’apprentissage aux techniques agricoles sont quasi-inexistence donc, pose problème mais il serait peut-être temps, puisque la mayonnaise est en train de prendre dans ce secteur, que le gouvernement réfléchisse à la question.


Michaël Moukouangui Moukala

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