Edito : « Toutes les morts n’ont pas la même signification ! »

lundi 6 novembre 2017 Speciales


Dans sa célèbre chanson, « les immortels », l’artiste musicien congolais Franklin Boukaka des années des indépendances nous rapportait qu’un jour, un vieux qui s’adressait à lui, comme cela se faisait dans l’Afrique traditionnelle où la culture se léguait de bouche- à- oreille, lui fit comprendre en substance qu’’il arrivera à tout homme de mourir, mais que toutes les morts n’ont pas la même signification. Une phrase qui, si l’on n’y prend garde, passe presqu’inaperçue, surtout quand l’on affiche distrait, en dépit du fait qu’elle est lourde de sens. Comment ne pas l’être lorsque nous savons que certains parmi nous ont bâti leur vie sur des exploits personnels méritant respect et considération pour sauver des vies ou donner du sens à l’existence de leurs semblables. C’est ici que le cas de l’homme d’affaires gabonais Guy Mbina mérite d’être évoqué bien qu’à titre posthume. Exemple à suivre !

Les Gabonais qui n’ont pas connu ce compatriote n’auront qu’à se renseigner auprès de tous ceux qui l’on côtoyé, sur un stade de football, dans le monde professionnel ou dans les joies de la vie quotidienne. L’homme, la cinquantaine révolue, croyait en ce qu’il posait comme actes et était très loin de capituler devant l’adversité. La preuve, alors que le tissu économique se rétrécit comme peau de chagrin dans la capitale économique gabonaise, Port- Gentil, « Bébéto » comme il aimait se faire appeler pour marquer sans doute l’admiration qu’il avait vis- à- vis du footballeur brésilien de ce nom, avait réussi à se sortir d’affaires malgré les tracasseries relatives au fisc.

Employant de nombreux jeunes Gabonais dans ses différentes structures, ce qui ne peut être, à moins que l’on veuille du contraire, louable. Pour le lui rendre, le tout Port- Gentil a accouru vers la clinique où il a été admis suite au malaise qui a eu raison de lui, s’enquérir de la situation et des coups de fil ont fusé vers les autres villes du Gabon, annonçant la triste nouvelle à des amis, des parents, des fans atterrés. C’est que l’enfant de Nguimbi Dadet avait conquis le cœur de plus d’un au point de laisser bon nombre inconsolables. Dans la capitale économique où il a passé plusieurs décennies après avoir quitté les bancs de la faculté pour faire fortune, nombreux sont ceux qui se souviennent de son caractère, de son tempérament, de sa verve oratoire, de son sens de l’humour, des qualités parmi tant d’autres qu’ils ne sont pas près d’oublier.

Souvenirs, souvenirs !

Voici une mort certes prématurée si l’on en juge par l’âge du disparu, mais dont on parlera toujours tant il est évident que Guy Mbina n’aura pas vécu pour rien. Pour avoir passé le plus clair de son temps sur terre à s’investir avec hargne dans la réalisation de ses projets, de quoi inspirer et faire des émules si tant est que l’obsession de ses compatriotes est de faire entrer sereinement leur pays dans le concert des nations en ce XXIème siècle plein de défis et qui recommande de chacun qu’il ait des aptitudes de compétiteur.

Voici un exemple qui fera très certainement naître chez beaucoup de jeunes le goût de l’effort, du travail bien fait, l’esprit de sacrifice, l’amour de soi et des autres qui culmine sur l’amour de la patrie. Car que dire d’un autochtone qui croit par ces temps de fortes migrations vers l’extérieur du continent en son pays d’abord, en l’Afrique ensuite ? Il faudra à nombre d’entre tous ces jeunes, repartir sur les traces du disparu afin de s’imprégner de sa façon de faire et de tenter, au moment où l’on parle de moins en moins de l’Etat providence, de se réaliser eux- aussi pour le bien non seulement d’eux- mêmes, mais aussi de leurs contemporains et bien au- delà celui de la République qui tire des dividendes de son activité si celle- ci est rondement menée, tel était le cas de celle qu’abandonne sans le vouloir « Bébéto ».


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs