Convention de concession entre l’Etat et la SEEG : Divorce prononcé !

27 février, 23:15, par Jean Claude BOLAN

A l’époque, le problème qui avait conduit à la privatisation de la SEEG n’était pas d’ordre technique, la SFI (, organe de la banque mondiale) l’ayant reconnu dans son rapport. Les gabonais se souviendrons que le pays avait été soumis au diktat du FMI pour des raisons économiques que nous connaissions tous.
La SEEG est une société « juteuse », à l’échelle d’un pays « à faible démographie » comme le Gabon, (environ 1,01 millions d’habitants en 1993, et 1,7 millions d’habitants aujourd’hui soit un peu plus de 15% de l’agglomération de Paris) ; son chiffre d’affaires a plus que doublé en quinze ans passant de 61,6 MDs FCFA en 1996 à 153, 8 MDs en 2010. Elle emploie actuellement 1800 agents nationaux et une vingtaine d’expatriés (Je vous épargne de faire la comparaison entre la masse salariale des expatriés et celle des nationaux) ; sa clientèle a triplée entre 1996 (145 000 abonnés) et maintenant.
Au moment de la signature du contrat, les outils de contrôle, d’évaluation et de régulation de ce service public n’existaient pas, l’Etat ne pouvait compter que sur la moralité de Veolia pour respecter les termes de la convention de 1997, et plus est, Veolia le savait. Ce n’est que longtemps après que ces organes d’Etat ont vu le jour mais le mal était déjà fait et les deux parties n’arrivaient pratiquement plus à s’accorder à compter de 2012.
Dans l’esprit du public gabonais ce n’est pas le modèle de gestion (public-privé) qui est en cause mais plutôt les pratiques des protagonistes qui ont fait que leurs intérêts ne convergeant plus et Veolia n’étant en réalité plus en capacité de remplir la mission qui lui a été confiée, génèreront in fine des situations conflictuelles (le contraire aurait surpris) dont le pays en a fait les frais.
Je profite de cette tribune pour saluer et louer le civisme de la clientèle gabonaise de Veolia qui malgré tous les avatars du service public a continué à honorer « patriotiquement » sa facture ; à titre d’illustration, elle continue de régler des frais de « contribution spéciale pour l’eau et l’électricité » sur sa facture alors que les villes manquent d’eau, qu’elles sont mal éclairées ou n’ont pas d’éclairage public du tout.

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