Souvenirs-Souvenirs : Bongo Ondimba, le peuple et la vertu gabonaise

mardi 13 octobre 2015 Speciales


Le Gabon à l’instar de la plupart des pays africains, fait partie de ceux où la population vit à plus de 80% en dessous du seuil de pauvreté. Les indicateurs de développement parlent d’eux- mêmes tout comme l’observation suffit pour s’en rendre compte. Les Gabonais commentant cette réalité attribuent cela beaucoup plus à un manque de volonté politique qu’à une pénurie de moyens, le Gabon ayant de tout temps, même lors des périodes de récession, été qualifié d’Eldorado.

Eldorado, oui, mais…

Dans ce pays d’Afrique équatoriale dans lequel le bois a constitué dès les années des indépendances la principale source de revenus, la prospérité économique provient aujourd’hui également du pétrole et du manganèse. Les ressources financières de l’Etat en dépendent dans une large mesure. Aussi, le budget peut atteindre la barre des 2000 milliards de francs CFA en hausse lors des embellies sur le marché international.

Hélas ! La manne n’a pas toujours profité au grand nombre, ce qui a eu pour conséquence principale le maintien dans un état de dénuement et de précarité des trois quarts des près de deux millions d’habitants que compte officiellement le pays. D’où les incessantes ruptures observées entre le peuple et le pouvoir qu’incarnait Omar Bongo Ondimba jusqu’au soir du 7 juin 2009.

 Ces ruptures constatées encore aujourd’hui sur tous les fronts quasiment se manifestent par des grèves, des mouvements d’humeur, des arrêts de travail, j’en passe. Au vu de tout ce qui précède, il n’est pas exagéré de dire que l’on aurait pu s’attendre à ce qu’une bonne frange de la population exaspérée, frange de la population ayant à tort ou à raison l’impression d’avoir été ostracisée, n’eût pas cru bon et utile de rendre au premier gabonais un hommage à la hauteur de celui observé dès l’après- midi du jeudi 11 juin 2009 depuis l’aéroport international « Léon Mba » jusqu’à la présidence de la République quand elle a décidé de son propre chef d’accompagner le long du parcours le cortège funèbre.

Pour montrer à quel point elles sont légalistes, profondément altruistes et soucieuses de préserver les équilibres, les populations, leaders politiques de l’opposition y compris, ont témoigné leur attachement aux valeurs du terroir héritées des ancêtres. On a à l’occasion assisté à des scènes surprenantes : des femmes et des hommes que l’évènement a affecté au point de provoquer des pertes de mémoire et observer des acteurs politiques de premier rang tels que Paul Mba Abessole du RPG, Zacharie Myboto du temps de l’UGDD, Léon Mbou- Yembi du FAR et Pierre Mamboundou de l’UPG, exprimé leur compassion et leur affliction devant la mort d’un homme dont ils ont décrié plus d’une fois la gestion quand bien même ils lui reconnaissaient une certaine générosité et un paternalisme à nul autre pareil qui faisait dire à quelques compatriotes que ceux qui en bénéficiaient étaient ses protégés et qu’ils étaient de la cour ou dans la cour avec tout ce que cela avait d’allusions.

 Le génie gabonais

C’est qu’au Gabon, terre par excellence du développement communautaire, les populations ont toujours su taire leurs divergences lorsqu’il s’agit d’un évènement malheureux et douloureux quelque soit l’origine ou la victime. C’est cette forme d’élévation qui fait du Gabonais un être généreux et exceptionnel. Car, pendant que sous d’autres cieux, la mort du chef aiguise les rancœurs et les appétits, faisant perdre la tête au sens où elle plonge le pays dans une violence inouïe dont les conséquences sont multiples, au pays d’Omar Bongo Ondimba, on se résout à appliquer la bien famée « paix des braves » que feu maître Agondjo Okawe appelait de tous ses vœux pour que la classe politique au bord de la confrontation et manquant visiblement de génie créateur évite des disputes savamment entretenues par des esprits malins.

Ces agissements du leader du PGP étaient sans doute guidés entre autres par la reconnaissance du statut d’Omar Bongo Ondimba à qui l’on attribue, ce n’est pas exagéré, l’exécution d’œuvres colossales commençant par la pérennisation de la stabilité et de la paix et se poursuivant par la mise en place d’une politique consacrant 11% du territoire national à la préservation de l’écosystème, l’organisation des fêtes tournantes pour aider au développement des provinces en l’absence d’une politique décentralisée, la construction du chemin de fer et du port d’Owendo pour ne citer que celles- là.

Mais force est de reconnaître l’autre facette de son parcours jalonnée, celle-là, de faiblesses. En effet, l’habitat, la route et l’emploi, pour ne prendre que ces cas, constituent le talon d’Achille de sa gouvernance. Et d’ailleurs, il s’était fait fort de le reconnaître, lui- même, le 5 janvier 2009 lors de la cérémonie de présentation de vœux à la présidence de la République lorsque s’adressant plus particulièrement aux hommes politiques, il les exhortait à penser au pays et à la jeunesse avant d’affirmer que Dieu ne leur avait pas donné le droit de faire du Gabon ce qu’ils étaient en train de faire.

Notre souhait au moment où le pays tourne soi- disant une nouvelle page de son histoire est que le successeur d’Omar Bongo Ondimba préserve les acquis tout en ayant à cœur d’améliorer les conditions de vie de ses concitoyens, de tous ses concitoyens, dont l’environnement immédiat est fait dans une grande proportion, d’images propres à susciter le spleen.


JGN

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