Sociologues du Gabon, réveillez-vous !

mardi 20 octobre 2015 Speciales


Même si les pouvoirs publics semblent minimiser le rôle qui est le vôtre dans toute société, il vous appartient, au regard des maux qui minent dangereusement le pays aujourd’hui de constituer un lobby fort, susceptible de faire prendre conscience aux décideurs des dangers encourus par les millions de compatriotes devant le glissement des mœurs.

Que se passe-t-il de nos jours au Gabon ? Est-on tenté de se demander au regard de la fréquence et la récurrence d’actes crapuleux et ignominieux posés par des hommes de diverses strates sociales, mais qui laissent souvent dans la nasse les plus faibles que l’on expose par moments à souhait. Non pas que quelques grosses légumes ne soient pas passées à la trappe ces temps derniers, mais dire que ceux qui sont le plus souvent pris la main dans le sac, ce sont les gens moins fortunés qui sont sans cesse instrumentalisés parce que fragilisés par des conditions d’existence frisant la précarité.

 Plus un jour ne passe, ce qui contraste avec les instants antérieurs vécus dans ce pays paisible d’Afrique centrale, sans que l’on ne fasse état d’un vol, viol, meurtre, assassinat dont les victimes sont dans la plupart des cas des personnes connues des auteurs, ce qui pose profondément un problème de société auquel il faut s’attaquer si l’on veut éviter le pire.

 D’aucuns arguant que c’est le fait de sujets étrangers sont vite rattrapés par une évidence, ceux qui défraient la chronique en termes quantitatifs sont des femmes et hommes de nationalité gabonaise, ce qui peut vouloir dire qu’il se développe dans l’esprit du citoyen ici de mauvaises habitudes héritées ou non, là est une toute autre question. Cependant, on constate que les sociologues nantis des instruments de mesure grâce auxquels l’on peut déterminer les causes et les effets d’actes aussi odieux semblent aphones comme si ce qui se passe sous leurs yeux parfois les laisse insensibles, ce qui serait un tort lorsque l’on sait l’importance du rôle qui est le leur dans l’équilibrage de la société.

Dans le passé, des nouvelles faisant état de la fermeture par les autorités gabonaises de l’époque du département de sociologie de l’Université de Libreville , avaient fait croire que le spécialiste des sciences humaines qui y était formé n’était là que pour s’occuper des problèmes politiques, encore que nombre d’entre les penseurs de cette science affirment à juste titre que tout est politique, reléguant au second plan tout ce qui est économique, social, culturel, sportif, sauf quand ces domaines ont une relation étroite avec le débat politicien. Cela traduit l’ascendant que la politique a pris sur tous les autres pans de la vie pour des raisons diverses, allant du besoin d’assouvir ses ambitions personnelles à celui de sortir de la précarité dans laquelle on est placé intentionnellement ou non.

 La part de responsabilité du sociologue

Si les sociologues qui devraient aiguillonner leurs compatriotes sur les réalités sociales et la manière d’y faire face, ne font rien pour que cela en soit ainsi, cette attitude pourrait-t-elle être assimilée à de la négligence, à une complicité même passive, à un renoncement de leur dignité, à l’adoption d’un comportement apatride ou serait- elle consécutive à une mainmise ou une totale emprise du politique sur les différentes composantes de la société, ce qui serait semblable à de la dictature et serait contraire à la démocratie, or l’ère du premier modèle de gouvernance est dit- on révolue.

 Le sociologue doit pouvoir sortir de sa torpeur et se constituer pourquoi pas en associations ou organisations afin de mieux faire entendre sa voix et être peut- être cette fois-ci pris au sérieux. Après tout, ne dit- on pas que la liberté s’arrache ? Car, de son analyse des situations découle inéluctablement une prise en compte par les pouvoirs publics des dangers encourus par l’équilibre social et là où le vivre ensemble a encore un sens, il vaut mieux que les dirigeants prennent la peine d’écouter le langage de la vérité, le discours scientifique, je m’en voudrais de ne pas parler du « Discours de la Méthode », allusion à l’œuvre de René Descartes, que peut seul en adoptant une posture répondant aux normes de la logique, le sociologue qui a, au-delà de son rôle de veille, un rôle de conseiller stratégique qu’il doit réclamer tous les instants de sa vie, sans quoi, il aurait à répondre devant ses semblables en cas de crises par exemple.

Non pas qu’il en soit à l’origine, mais simplement parce qu’il est un fusible auquel et le pouvoir et le peuple fait appel lorsqu’il s’agit d’inventorier les maux, de les prévenir ou même de les traiter. Alors, en dehors du fait qu’il doit être pris au sérieux, même s’il est souvent dit que nul n’est prophète chez lui, le sociologue doit mettre la lutte au centre de son action pour qu’il mérite la place qui devrait être naturellement la sienne dans la société, il en va de l’avenir de celle- ci.


JGN

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