Slam : NO, « le plus important n’est pas le messager mais le message »

jeudi 30 mars 2017 Culture & people


N0, est un jeune parolier de la rue qui utilise la poésie pour rendre l’expression urbaine un peu plus belle. Etudiant en fin de cycle dans une école supérieure de la place, il est amoureux de la scène, passionné des arts oratoires et des cultures urbaines. Double champion du Gabon de slam, il est également le directeur artistique d’une production qui sortira courant 2017 et le leader du collectif Slammaster. Entretien.

Gaboneco (GE) : Parlons de ta carrière. Peux tu nous présenter brièvement ton parcours ?

NO :J’ai démarré officiellement la poésie slam en 2006 sur la scène du Centre culture français, actuel Institut français du Gabon avec mon premier texte de slam titré “Ceux qui parlent et ceux qui agissent “. Cependant, alors que j’étais assistant au Studio mandarine, j’ai toujours écris pour des artistes chanteurs et rappeurs. Ce qui m’a permis de travailler avec des talentueux porteurs de message.

En 2009 j’ ai enregistré mon 1er opus de slam, un E.P de 9 titres. Cette même année j’ai participé à la vulgarisation du slam dans la capitale en instaurant avec d’autres slammeurs la création et l’animation des ateliers d’écriture et d’oralité. J’ai par la suite enchainé plein de projets, tels que des concerts, spectacles, festivals etc… c’est en 2015 que j’ai monté le collectif Slam Master. Grace au travail mené, j’ai été sacré champion 2016, champion 2017 de la Coupe nationale de Slam du Gabon. Voilà tout ce que je peux dire, car je n’aime pas trop parler de moi. Je pense que le plus important n’est pas le messager mais le message.

GE :Deuxième année de suite que tu es champion du Gabon de Slam, qu’est-ce que cela représente pour toi ?

NO : C’est la récompense de l’effort que j’ai fourni durant cette année. D’ailleurs, j’ai beaucoup plus travaillé que les années précédentes en renforçant ma voix et en travaillant avec beaucoup d’associations qui se battent pour des causes nobles comme "non aux violences faites aux femmes ". J’ai également beaucoup écrit et je pense que le secret dans tout art ayant attrait à la littérature, est d’écrire me disait le rappeur Nephtali.
Sinon, je n’ai jamais focalisé ma carrière sur ce titre. Du coup, pour moi, la considération n’est pas aussi importante que ça. Juste que la rue, ‘’la street’’, le mapane est encore une fois champion et sourit par mes lèvres.

GE : Qu’est ce que ce titre apporte de plus à ta carrière ?

NO : Ce titre de champion du Gabon est comme une médaille de plus. C’est beau pour la décoration (ndlr rire). Pour être plus sérieux, je ne sais pas encore. J’attends de voir les opportunités que cela offre d’être double champion du Gabon de Slam.

GE : Etre Champion du Gabon de Slam est-ce que cela apporte beaucoup d’argent ?

NO : Comme le dit l’organisateur du concours national, de slam, l’argent pourrit l’art. Vous avez la preuve avec beaucoup d’artistes dans notre pays ! (Ndlr sourire). Un jour, le producteur Jean Yves Messan m’a dit, de ne pas chercher à vivre de mon art mais de chercher à faire vivre mon art. Je crois que j’applique de manière continuelle cet adage.

GE : Quelle est ta première motivation en tant qu’artiste slameur ?

NO : Ma première motivation en tant qu’artiste slameur est de servir le peuple à travers le don que Dieu m’a donné. Pour moi, un artiste se définit comme étant un serviteur de la vie et la vie c’est la création du Divin.

GE : L’émulation autour du slam est-elle retombée au Gabon ?

NO : Pour retomber il faudrait d’abord qu’il soit tombé ! Je pense qu’en tant que leader de ma discipline, mon travail est aussi de faire en sorte qu’il garde le cap. Cela passe par une influence positive auprès des autres slammeurs. Voilà pourquoi je corse ma manière d’écrire afin de permettre aux autres de se surpasser car ensemble nous sommes meilleurs.

GE : Comment se porte le Slam au Gabon et quel est son niveau ?

NO : Le Slam au Gabon est à un niveau très élevé malgré plusieurs difficultés dues certainement au manque de financement, des droits d’auteurs et autres mesures d’accompagnements de ses acteurs. En d’autres termes, les artistes ont faim et écrivent avec la rage !

GE : Qui dit Slam parle d’écriture avant tout, quoiqu’il s’agisse d’oralité. Comment caractérises-tu ta plume ?

NO : Certains animateurs et observateurs du slam au Gabon disent que je suis l’un des rares slameurs qui écrit avec une vision internationale.
Dans mon travail d’écriture, j’aborde tout les thèmes en y mettant un point sur la société d’en bas. Composé par des gabonais lambda. Mon objectif est de donner de la lourdeur à mes textes en utilisant beaucoup de figures de styles, de finesse et subtilité car je tiens à ne blesser l’orgueil d’aucun homme.

GE : Quels sont tes projets en perspective ?

NO  : Je suis actuellement sur plusieurs projets. Je ne peux pas tous les citer. Retenez juste que je suis en studio pour un album aux normes internationales. Mon 1er clip réalisé par David Mboussou est prêt pour la diffusion. Actuellement, je travaille sur un recueil de slam poésie et bien sûr je vise l’international à travers des festivals.

GE : S’il y a un message que tu as à lancer aux férus de slam, ce serait lequel ?

NO  : Donnez-nous de la force ! C’est difficile de faire ce que nous slameur, nous faisons dans ce pays. Commencez par exemple, en allant liker ma page Facebook et You tube #SlammasterNo et suivez l’aventure. Merci.


Propos recueillis par Waris Moulenda Fatombi

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