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Arias Danger Aimée/Static |
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Connue comme une grande âme de l’action humanitaire locale et comme promotrice du restaurant bar dansant le «Butterfly”, Soraya Mortaj Azizet dirige par ailleurs de nombreuses affaires dont la plus grande est la FFT Holding, une structure qui intervient dans le bâtiment et travaux publics, l’industrie du plastique et la représentation au Gabon de la marque de pneus Goodyear. FFT Holding est en passe de lancer un réseau de garage de la marque italienne CAT pour le lavage au karcher, l’entretien mécanique et le rééquilibrage du parallélisme des automobiles. Prise de court, Soraya Mortaj a du mal à déterminer le nombre de ses employés : “Il y a le restaurant, le night-club, les traiteurs, l’usine de plastique, le garage et sa section vente… Je ne suis pas loin d’une centaine de personnes.”
Gérer une telle pieuvre entrepreneuriale ne va pas sans difficultés. Surtout dans le contexte gabonais. Ainsi, après avoir repris l’usine J-F. Aveyra et relancé la production des chaises et bassines en plastiques, la progéniture du fondateur envisage la vente de l’unité requinquée à d’autres promoteurs. Dans le même registre et concernant une usine de pneus réchappés, Soraya Mortaj raconte : “Nous avons repris une usine de pneus réchappés. Mais les bâtiments ont été vendus à des Libanais qui sont venus avec des gens influents, ont cassé nos machines et mis nos affaires dehors. Comment peut-on massacrer toute une usine rien que pour en vendre les murs ?” Dans cet univers de requins, elle parvient à trouver des motifs de satisfaction. Notamment concernant l’usine de plastique : “Cette unité me permet de recycler les ordures autour d’un jeu de mots : “l’Or dure”… Tout est recyclable, rien n’est inutile. Et on permet à la communauté de vivre grâce à la collecte et au tri des objets plastiques ou des cartons.”
Cette dame qui avait déjà, à 17 ans, une soixantaine d’employés et dont le premier mariage a été célébré par Hassan II, alors roi du Maroc, assure pourtant n’avoir jamais été dans une grande école de Management. Après ses études secondaires au collège Quaben et au lycée Blaise Pascal de Libreville, elle a tout de suite rejoint ce qu’elle appelle “l’école directe du travail et de la vie”, soit la formation pratique par immersion. Elle ouvre à Libreville une pâtisserie nommée le «Moka d’or” dont le succès dépasse toutes les espérances. C’est à ce titre qu’elle déclare : “Mon premier diplôme a été le «Moka d’or”. J’ai ensuite fréquenté les séminaires de formation sur l’entreprise, le management et sur d’autres domaines. C’est grâce à ces séminaires que l’Union européenne, l’UNESCO et le PNUD nous offraient que j’ai pu compléter ma formation.”
Mais, la jeune dame se fait surtout remarquer en créant, à la fin des années 90, «Le Cabaret”, un restaurant-dîner-spectacle sur la montée de Louis, le quartier des mondanités à Libreville. Cet établissement devient ensuite le Café Del Mar, inspiré par celui d’Ibiza. Elle y lance un concours de karaoké qui a permis la naissance de bien de chanteurs gabonais d’aujourd’hui, à l’instar de Landry Ifouta, Souleymane, Kenneth de Secta’a ou Fab Love. Après un court passage en Barfly, le Café Del Mar est aujourd’hui le «Butterfly”. “Il s’agit d’un bar à tapas et piano-bar entre 18h et 20h, un restaurant de 20h à 23h et une discothèque, un club dansant après 23 heures”, explique Soraya Mortaj Azizet qui se reconnait une âme d’artiste refoulé.
Il s’agit également d’une âme charitable qui, alors qu’elle était épouse d’ambassadeur et patronne du «Moka d’or”, s’est intéressée à l’association des handicapés du Gabon dont elle deviendra par la suite présidente. Elle pratique alors le terrain, va à la rencontre des personnes en difficulté, participe à la mise en application du programme Art Gold dans le 6e arrondissement de Libreville. Elle y développe le planning familial et l’appui alimentaire. C’est dans ce cadre qu’on la retrouve sur les opérations «soupe populaire” organisées dans les quartiers défavorisés à partir de février 2007 par la plateforme associative «Œuvrer plus pour le Gabon” (OPGA). “Je faisais le plaidoyer de la soupe populaire auprès des bailleurs de fonds ; j’étais aussi dans les marmites, donc au four et au moulin. Je suis très contente de cette expérience parce que j’ai appris beaucoup et j’ai découvert jusqu’où je pouvais aller dans mon engagement et j’ai compris définitivement que c’est ma voie, mon idéal”, témoigne Mortaj Azizet. Elle est aujourd’hui la marraine du réseau pour la valorisation des droits de l’homme au Gabon, du réseau des droits des femmes, de l’association de Sida Zéro, de l’école des sourds muets, de l’association des handicapés et de l’AUPGA (Alliance Utile Pour le Gabon).
Cette centrale d’énergie d’1,67 m pour 60 Kg, qui pratique la natation, l’équitation, le tennis, considère toutefois que ni le sport, ni son engagement dans l’action humanitaire ne sont des hobbies. Elle trouve le temps de lire beaucoup, ainsi qu’elle l’explique : “J’essaye de comprendre la divinité, le monde, l’univers et la nature. Mes lectures sont très souvent orientées vers la nature, la communication avec Dieu. Mon auteur préféré est Paulo Coelho. J’ai lu «L’Alchimiste”, «Le guerrier de la lumière” et bien d’autres.” Le temps libre de Soraya Mortaj Azizet est consacré à l’éducation et à l’épanouissement des trois filles et du garçon dont elle est la mère. Comme quoi…