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D.R. |
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Pour la plupart, cette décision des députés ne prend pas en compte certains contours qui risquent de mettre en péril le Bénin devant les partenaires techniques et financiers. De plus c'est un acte qui hypothèque systématiquement l'avenir de la Nation entière qui ne pourra pas supporter les contestations tous azimuts au lendemain de la prochaine présidentielle. La Cour constitutionnelle de Maître Robert Dossou aura du mal à partir de ce jour à contenir le flux de citoyens qui viendront saisir l'institution suite à l'abrogation de la loi sur la Lépi par les députés de la cinquième législature.
En réalité, les députés qui ont voulu que la loi sur la Lépi soit abrogée sont passés à l'acte hier au cours de la plénière consacrée à la question de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Par 46 voix pour, 33 contre, et 0 abstention, les députés de la cinquième législature ont ainsi coupé tout le processus engagé jusque-là dans le cadre de la réalisation de cet instrument qui devra garantir des élections crédibles et transparentes. A travers cet acte, les députés favorables à cette abrogation ont scellé le sort du pays en viciant l'atmosphère de confiance qui régnait entre les partenaires financiers et le gouvernement béninois.
Car, les fonds colossaux engloutis dans le démarrage du processus le sont inutilement. Selon le témoignage d'un honorable député joint hier au téléphone, «cet acte est un acte aux conséquences multiples et incommensurables parce qu'il remet tout à zéro.» Selon lui, c'est un jeu politique dangereux que viennent de jouer la frange de députés qui voulaient de cette abrogation car il fait naître une crise de confiance sérieuse dans les relations entre les partenaires et le gouvernement. De plus, les élections de 2011 vont certainement être réalisées sans la Lépi dans un contexte politique qui présage des troubles et des contestations.
En votant l'abrogation de cette loi, les députés de l'opposition ont bien prouvé leur mauvaise foi dans le cadre de la réalisation de la Lépi. Le groupe de travail qu'ils avaient proposé pour faire des propositions en vue de la correction de la loi n'a plus son sens. Aux dernières nouvelles, on apprend qu'une nouvelle proposition de loi est en gestation et provient du député Epiphane Quenum. Même les amendements proposés entre temps par certains députés n'ont plus d'importance une fois la loi abrogée.
La question fondamentale qui demeure posée est de savoir s'il est possible de réaliser une nouvelle Lépi après l'adoption de la nouvelle loi. Le temps matériel qui sépare de la prochaine présidentielle est-il encore suffisant pour la réalisation d'une Lépi afin de favoriser l'organisation d'une élection transparente, gage d'une paix? Selon, nombre d'observateurs de la vie politique nationale, la chose n'est plus possible.
Et c'est d'ailleurs pourquoi, on estime déjà que c'est un grand dommage que viennent de créer les députés à la Nation entière en abrogeant cette loi sur la Lépi. Mais le seul recours qui reste dans ce cas est le contrôle de constitutionnalité de la Cour constitutionnelle. Plusieurs recours sont déjà annoncés et tous les regards sont tournés vers Maître Robert Dossou et les siens. La Cour va-t-elle valider ou non cette abrogation au regard de ce que dit la loi fondamentale en la matière? Seuls les jours à venir permettront de savoir ce qu'il en est.