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D.R.Tombes des kabakas |
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Un incendie a ravagé le mausolée des souverains traditionnels du royaume du Buganda, dans le sud de l'Ouganda. La destruction de ces tombeaux, datant du XIXème siecle, a suscité des manifestations de colère, au cours desquelles deux personnes ont été abattues et au moins neuf blessées selon la Croix-Rouge, dont sept par balle, aux abords du mausolée, par la police pour disperser une foule hostile au président ougandais Yoweri Museveni venu visiter le site. Le site revêt une importance capitale pour la tribu des Bagandas et est classé au patrimoine de l'UNESCO.
«Il y a un groupe qui s'est opposé aux forces de sécurité sur place avant l'arrivée du président. Ils étaient violents et quand ils nous ont fait face, nous avons tiré en l'air pour les disperser», a affirmé la porte-parole de la police nationale Judith Nabakooba.
Le président Yoweri. Museveni et le Premier ministre du royaume se sont rendus le 17 mars matin, chacun, sur les lieux et ont parvenu à visiter le site du mausolée. « J'ai des soupçons. Cela pourrait être criminel », a déclaré M. Museveni aux gardiens du mausolée pendant sa visite. «Le problème, c'est que l'endroit a été altéré. Des gens sont entrés et ont désorganisé le site de l'incendie mais nous allons enquêter et en trouver la cause», a-t-il ajouté.
La sécurité présidentielle a ensuite dû batailler pour se frayer un chemin à travers la foule afin de permettre au président de quitter les lieux. Des milliers de manifestants ont alors immédiatement de nouveau investi le mausolée, accusant le gouvernement d'être derrière l'incendie.
La police a ouvert une enquête sur l’incendie qui a réduit en cendres le 16 mars, le bâtiment le plus sacré de la tribu du Buganda. Selon des témoins, l’incendie aurait été précédé d’une explosion, mais la police refuse pour l’instant d’évoquer une piste criminelle.
L’intervention des pompiers a été retardée par une émeute étudiante qui avait été déclenchée quelques heures plus tôt le 16 mars après-midi après que deux étudiants de la principale université du pays aient été tués par le garde d’un hôtel.
Les émeutiers ont été rejoints dans la nuit par les partisans du roi du Buganda obligeant le gouvernement à déployer massivement l’armée et la police par crainte d’une répétition des émeutes meurtrières de septembre dernier.
Le 16 mars en soirée, un représentant du royaume du Buganda a tenté de calmer les esprits de ses compatriotes en soulignant que « le royaume du Buganda est plus que simplement des tombes et qu’elles seront reconstruites ». Un porte-parole du Kabaka, Peter Mayiga, a décrit l'incendie comme « une attaque contre le Buganda », sans cependant nommer de coupable.
Bâtie en 1882 sur la colline de Kasubi à Kampala, quatre tombes des rois de la tribu du Buganda, dont celles de Mutesa I (1835-1884) et Basamula Mwanga II (1867-1903), y sont aménagées sous une vaste case en bois et en chaume à l’ombre de laquelle reposent les dépouilles de quatre souverains.
Inscrit depuis 2001 au patrimoine mondial de l'Unesco, le mausolée de Kasubi est un site d'une trentaine d'hectares, avec en son centre une vaste colline, abrite les tombes des Kabakas (rois) du Buganda. Il s'agit du premier des royaumes coutumiers du pays sur une riche région bordant le lac Victoria dont l'Ouganda contemporain tire son nom.
Très influents économiquement et politiquement, les Bagandas, une des principales tribus ougandaises, sont viscéralement attachés à leur royauté, et vénèrent aujourd'hui Ronald Muwenda Mutebi II, symboliquement rétabli dans ses droits en 1993 par le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.