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D.R. Ramtane Lamamra, commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA |
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L'Union africaine vient d’imposer des sanctions à 109 personnalités malgaches, y compris l'actuel homme fort du pays Andry Rajoelina, pour leur entrave au processus de sortie de crise. Andry Rajoelina avait jusqu' au 16 mars minuit pour la mise en œuvre des Accords de Maputo et de l'Acte Additionnel d'Addis-Abeba déjà signés, sous peine de sanctions. L'ultimatum ayant expiré, les sanctions ont été annoncées le 17 mars, en début d’après-midi. Elles comprennent des refus de visas, le gel d'avoirs dans des établissements bancaires étrangers et des refus d'accréditation.
L'Union africaine estime qu'elle a été suffisamment patiente. Il y a un mois environ, elle a exigé l'application des accords de Maputo sous peine de sanctions ciblées. Et le 9 mars dernier, elle a même précisé le contenu de ces sanctions.
« Nous avons décidé d'imposer des sanctions. Il y a une liste de 109 noms », a déclaré l'ambassadeur de la Zambie auprès de l'Union africaine et président en exercice du Conseil de paix et sécurité de l'UA, Albert M. Muchanga.
« La liste comprend 109 noms, y compris celui de Rajoelina et de ses partenaires clés. Les sanctions comprennent des refus de visas interdiction de voyager, le gel d'avoirs financiers dans des établissements bancaires étrangers et des refus d'accréditation », a confirmé le Commissaire à la paix et la sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra.
« Cela ne cible que le camp de Rajoelina. Principalement le gouvernement, les hautes autorités, des membres des forces armées, des tribunaux (...) », a précisé le commissaire de l'UA. « Il n'y a pas encore de société sur la liste mais des experts travaillent sur l'aspect économique et nous imposerons d'autres sanctions bientôt », a-t-il expliqué.
Cette décision intervient au lendemain de l'expiration d'un ultimatum de l'UA et plus largement la communauté internationale exigeaient, sous peine de sanctions ciblées, l’application d’accords consensuels signés à Maputo et à Addis Abeba courant 2009 et prévoyant un partage du pouvoir entre les quatre mouvances impliquées dans la sortie de crise. Mais M. Rajoelina est sorti de ce cadre depuis décembre en limogeant le Premier ministre de consensus et en annonçant unilatéralement la tenue prochaine d’élections législatives.
Madagascar est plongée dans une crise politique grave depuis fin 2008, qui a conduit à l'éviction en mars 2009 du président Marc Ravalomanana et à son remplacement par son principal opposant et ancien maire d'Antananarivo M. Rajoelina, soutenu par l'armée.
La crise et l'impasse politique actuelles ont également entraîné la suspension de l’aide, vitale, des bailleurs de fonds et enfoncé un pays figurant parmi les plus pauvres de la planète dans une crise économique persistante.