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D.R |
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Un rapport du groupe d’experts sur l’embargo sur les armes en Somalie, présenté le 11 mars 2010 au Conseil de sécurité de l’ONU, dénonce des détournements massifs de l’aide alimentaire de l’ONU, notamment du Programme alimentaire mondial (PAM).
Selon ce rapport moins de 50% de l’aide arrivent réellement aux populations somaliennes, soit environ 2 millions et demi de personnes. Ces révélations portent un coup énorme à l’agence onusienne et le rapport demande au Conseil de sécurité l’ouverture d’une enquête indépendante.
Le PAM, qui représente 60% du budget pour la Somalie, soit 485 millions de dollars pour 2009 est particulièrement pointé du doigt. En cause, les contrats pour le transport de la nourriture, soit environ 200 millions de dollars, qui sont depuis douze ans attribués à trois hommes d’affaires somaliens organisés en cartel et affiliés aux groupes islamistes.
Le PAM rejette le contenu du rapport des experts des Nations unies. Mais il a décidé d’enquêter sur les points consternants du texte, notamment les malversations qui touchent la distribution de l’aide en Somalie. Selon les experts, le PAM travaille principalement avec trois hommes d’affaires somaliens. L’année dernière, ils auraient touché 160 millions de dollars. Faux, rétorque l'organisation humanitaire des Nations unies. Ils ont perçu seulement 37,2 millions de dollars. Après avoir eu connaissance du rapport, le PAM a décidé le non-renouvellement des contrats qui le lient avec les trois Somaliens.
Il n’existe pas de procédure transparente d’appels d’offres, écrit le rapport, ce qui rend possible un détournement des ressources à grande échelle. Toujours selon le rapport, le partage des bénéfices est estimé à 30% partagé entre le personnel somalien du PAM et leurs partenaires, 10% pour les transporteurs locaux et 5 à 10% pour les groupes armés.
Pour le moment, les responsables du PAM estiment que le constat fait par les experts onusiens n’est pas fondé. Ils admettent seulement qu’une faible partie de l’aide alimentaire distribuée en Somalie est revendue par des bénéficiaires, mais de manière individuelle. Une petite proportion largement inférieure à 10%, selon la porte-parole du PAM en France, Tamara Kumer.
La porte-parole du PAM n’a pas souhaité commenter le rapport. Allégations d’autant plus gênantes qu’un rapport interne au PAM avait conclu, fin 2009, qu’il n’existait pas de preuves suffisantes pour affirmer que l’aide alimentaire était détournée.