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gaboneco ; Benjamin Burlot, directeur marketing et coordinateur général de la Tropicale Amissa Bongo |
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Pour l’édition 2010 de la Tropicale Amissa Bongo, quelles sont les ambitions de votre politique de communication ?
«Il y a deux axes de communication sur la Tropicale, il y a deux types de médias différents que nous gérons différemment. Il y a les médias internationaux, panafricains et extérieurs au continent africain et il y a les médias nationaux.
En ce qui concerne les médias internationaux, notre politique est de maintenir la diffusion médiatique de l’évènement, surtout au niveau panafricain, avec des médias comme TV5, Canal horizons ou RFI, en confrontation avec la Coupe d’Afrique des nations de cette année, il faut qu’on arrive néanmoins à maintenir le volume de diffusion de la Tropicale. Des accords sont pris à ce niveau. Par ailleurs, on essaye d’accroître la diffusion de la Tropicale sur des médias d’information généralistes, des chaînes comme France24, Euronews, africa24 avec qui on démarre une forme de partenariat et qu’on alimentera tous les jours en news de la course.
En dehors de ces medias, nous avons aussi des medias de différents pays ; parfois des pays participants à la Tropicale. Nous aurons le Danemark cette année. Une télévision danoise va reprendre des images de la Tropicale, mais d’autres pays qui ne sont pas forcement présents commencent à diffuser des images de l’épreuve au Canada. Dans d’autres pays d’Europe, on avait l’Espagne qui était demandeuse d’image de la Tropicale.
Sur la partie nationale, on travaille avec les principaux médias nationaux en télé, en radio et en presse. On travaille de deux manières : d’abord une promotion de l’évènement dans les medias, c’est une opération financée par la Tropicale. Puis, une couverture éditoriale classique de l’évènement par ces différents médias qu’on essaye d’associer au fur et à mesure de l’élaboration de la course et on essaye, pour les années à venir, d’arriver à un direct quotidien de la course, un direct de l’ensemble de l’événement, du départ à l’arrivée. Cela nécessite des moyens de tournage HF, des motos, tout un dispositif pour reprendre le signal et pouvoir le faire suivre aux Gabonais en direct. C’est notre volonté d’évolution sur laquelle, on travaille avec la RTG 1. Avec TéléAfrica qu’on pourra, on espère, voir en 2011 sur la 6ème édition de la tropicale.
Le marketing sportif marche-t-il bien en ce moment au Gabon ?
Le marketing sportif est un grand terme et un environnement assez large. En ce qui concerne la tropicale, on a la chance d’avoir des partenaires fidèles qui nous ont fait confiance, pour certains d’entre eux depuis la 1ère édition, et pour tous les partenaires de l’année dernière qui renouvèlent leur participation à la Tropicale 2010.
C’est un vrai gage de confiance pour nous. C’est aussi un gage de sérieux pour l’organisation. On n’a aucun partenaire qui s’est retiré de l’évènement. C’est assez rare. L’année a été un peu difficile sur le plan économique, mais cela n’a eu aucune conséquence sur l’opération qu’est la Tropicale et qui est devenue quelque chose d’important pour chacun de nos partenaires.
A ces partenaires qui étaient présents l’année dernière et qui ont renouvelé leur présence pour 2010, vont s’ajouter de nouveaux partenaires. On a, notamment, déjà validé la Gabonaise d’édition de communication (GEC) qui va nous aider en ce qui concerne l’affichage. Cela permettra de mieux communiquer avec les populations pour avoir plus de monde sur les parcours et sur les arrivées d’étape. Par ailleurs, nous sommes entrains de finaliser les discutions avec deux autres partenaires potentiels qui devraient s’ajouter aux autres pour 2010. Cela va plutôt bien, je pense plus à l’évolution de la tropicale et à la place que prend petit à petit la tropicale dans le paysage sportif international et bien sûr le territoire gabonais, qu’un contexte économique ou qu’un contexte lié au secteur entre guillemet du marketing sportif.
La tropicale a montré aux opérateurs économiques qu’un évènement sportif pouvait être sérieusement organisé, pouvait tenir ses engagements et pouvait être également un très bon investissement en termes de communication.
Comment faire pour attirer un peu plus d’entreprises locales ?
D’abord, l’intégralité des partenaires de la Tropicale sont des sociétés qui sont au Gabon, on n’a pas de partenaires étrangers qui n’auraient pas de présence au Gabon. On le voit sur certaines épreuves, sur certains évènements. Aujourd’hui, les partenaires de la Tropicale sont des sociétés gabonaises, parfois dépendant de groupes internationaux, mais ce sont les sociétés gabonaises. C’est vrai qu’on a de plus en plus de demandes. On commence à avoir des sociétés et opérateurs économiques importants qui viennent vers nous pour s’associer à la Tropicale. Malheureusement, les places ne sont pas illimitées. Vous imaginez bien que, si nous multiplions le nombre de partenaires, nous risquerons de les noyer et ils n’auront plus de retombées. Ils n’auront plus de ressources d’investissement et ils nous quitteront.
L’objectif est de trouver l’équilibre entre un nombre de partenaires raisonnable et le volume de contrepartie qu’on peut leur offrir avec les ressources financières qu’on cherche à travers ces partenariats. C’est un équilibre assez compliqué à trouver. On en a trouvé un pour l’instant : il faut qu’on le fasse évoluer petit à petit parce que l’organisation progresse et donc les coûts d’organisation augmentent aussi. Il faut donc qu’on puisse augmenter les ressources marketing. Pour cela, on étudie quelques modifications pour les éditions à venir. Donc, si on veut d’autres partenaires, il faudra aller chercher d’autres types de supports, une autre configuration, une autre structuration du marketing de l’épreuve, peut-être aller chercher un club de petites sociétés locales ou mettre en place un club de très grands partenaires avec des avantages tout au long de l’année.
Quel est l’impact de la Tropicale du point de vue de son propre marketing ?
On se rend compte aujourd’hui, avec les sollicitations de partenariat de grandes sociétés de la place, que la Tropicale intéresse tout le monde. Et, quand la Tropicale commence à intéresser les opérateurs économiques de haut niveau, en terme de communication, on a même plus besoin d’aller les démarcher ou d’aller les chercher pour qu’ils viennent à nous. Cela montre un peu l’impact de l’évènement aujourd’hui. On a fait un pas énorme en cinq ans. La première année a nécessité beaucoup de travail, de tractations, pour réussir à avoir quelques sociétés comme partenaires. Et, c’est véritablement la première année où on a des sociétés gabonaises qui viennent vers nous pour demander si elles peuvent être partenaire de la Tropicale. On ne peut pas toujours leur répondre positivement, parce qu’on a en fait une exclusivité par secteur d’activité pour nos partenaires. Les grands partenaires de la Tropicale ne peuvent pas avoir des concurrents présents sur la Tropicale. C’est logique, c’est un principe marketing de base. En communication, s’ils veulent utiliser l’image de la Tropicale pour valoriser leurs marques et que leur concurrent fait la même chose, il n’y aura plus de démarcation les uns des autres et on se perd complètement.
Il avait été prévu, au début de la Tropicale, une caravane qui allait servir de support publicitaire pour la visibilité des entreprises partenaires. Pourquoi la caravane ne servirait-elle pas de support pour ajouter des partenaires ?
On essaye. Et d’ailleurs, c’est le cas sur les plus grands tours, comme le Tour de France. La caravane est un outil de promotion extraordinaire pour les sociétés, notamment les sociétés qui font des produits grand public. Sur la Tropicale aujourd’hui, la caravane n’est pas exploitée au mieux par nos partenaires. La compréhension de l’utilité de la caravane et aussi sa mise en œuvre logistique est de notre responsabilité. Ce n’est pas optimisé. On y travaille, on va tenter d’améliorer cela dès cette année avec un petit dispositif complémentaire par rapport aux années précédentes.
Mais, il faut aussi que, petit à petit, les partenaires se rendent compte du potentiel de cette activité qu’est la caravane publicitaire et investissent eux-aussi, parallèlement à la course, dans cette opération qui peut être assez coûteuse, puisque c’est de la mise en place logistique, c’est de la fabrication de supports promotionnels, des gadgets divers qui ont un coût et, si on veut avoir un véritable impact, il faut un investissement conséquent. Il faut donc croire à cet investissement pour pouvoir le faire. Je pense qu’on a encore au moins deux ou trois ans avant que l’exploitation de la caravane publicitaire soit optimisée chez les annonceurs gabonais.
Il se raconte généralement au Gabon, que le budget de la Tropicale est bouclé sur l’international avant d’attaquer les entreprises locales. Si cela est vrai, pourquoi ces entreprises internationales ne sont pas visibles sur le tour du Gabon ?
Ce n’est pas le cas, malheureusement. On n’a pas d’entreprises internationales qui viennent financer la Tropicale. On aimerait bien. On est près à aller les chercher ou à les accueillir si elles le souhaitent. Mais ce n’est pas le cas. Aujourd’hui la Tropicale est financée pour un peu plus d’un tiers par des partenaires privés et pour quasiment les deux tiers par des subventions d’Etat ou par des ressources parapubliques. Il n’y a pas de sociétés internationales, fantômes ou pas fantômes, qui viennent financer cette opération.
L’objectif est que les ressources des partenaires marketing privés viennent financer la moitié du budget de la Tropicale. Ensuite, on pourra, petit à petit, aller chercher également des ressources avec les droits télévisés. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, car on n’a pas de ressources, on n’a pas de chaînes qui sont prêtes à payer pour avoir des images de la Tropicale. On a de la diffusion. Ce qui est déjà une bonne chose. Mais, à moyen terme nous arriverons à aller chercher un peu d’argent dans ce secteur également.
A combien s’élève en moyenne le budget de la Tropicale ?
Il y a différent budgets dans une Tropicale. Il y a le budget strict de l’organisation et le budget élargi aux opérations complémentaires qui sont faites dans les provinces ou dans les régions où on va. Mais, ces opérations complémentaires sont faites à discrétion des différentes forces politiques présentes et, plus largement encore, le budget des structures qu’utilise la Tropicale : les routes, les hôtels qui sont parfois rénovés ou remis à niveau pour la Tropicale. Si on va jusque-là, je ne pourrais pas vous donner des chiffres car je ne connais pas le prix des constructions de route. En plus, ce n’est pas uniquement pour la Tropicale. Je dirai que l’organisation stricte de la Tropicale aujourd’hui est estimée entre 700 millions et 1 milliard de Francs CFA».