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D.R. |
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Les travaux préparatoires du sommet de Copenhague pourraient bien se voir faussés au regard de la récente enquête qui révèle que la dégradation mondiale du climat serait bien pire que ne le prévoyait le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC).
A moins de 15 jours du sommet de Copenhague, ils 'avère que la fonte de la banquise, l’élévation du niveau de la mer et les émissions de CO2 seraient plus importantes que prévu.
Pour le climatologue Jean-Pascal van Ypersele, un accord de Copenhague «sera un pas nécessaire mais non suffisant» car les scientifiques incitent déjà à aller plus loin, alors même qu’un fort doute subsiste sur la possibilité de trouver un accord de réduction des gaz à effet de serre à l’issue de cette conférence mondiale sur le climat.
Selon un rapport publié hier par l’Institut de recherche sur les impacts du changement climatique de Potsdam, en Allemagne, la fonte de la banquise arctique se révèle de 40 % plus rapide que prévu par le GIEC en 2007 tandis que la montée actuelle du niveau des mers serait «supérieure de 80 % aux prévisions passées».
«La banquise arctique est en voie de disparition beaucoup plus rapidement que prévu, et l'élévation du niveau de la mer est maintenant beaucoup plus élevé que selon les projections», estime cette nouvelle synthèse sur les données scientifiques disponibles préparées par certains des scientifiques du climat les plus réputés au monde.
Dans un rapport spécial intitulé «Le diagnostic de Copenhague», 26 chercheurs, dont la plupart sont des auteurs des différents rapports publiés par le GIEC, concluent que «plusieurs conséquences importantes liées aux changements climatiques se produisent dans les limites supérieures, voire au-delà, des projections faites il y a seulement quelques années.»
Ce rapport note aussi que le réchauffement climatique planétaire continue de suivre les premières projections du GIEC en fonction des augmentations de gaz à effet de serre. Sans atténuation significative, indique le rapport, le «réchauffement climatique moyen global pourrait atteindre 7°C d'ici 2100».
Les émissions de CO2 ont également augmenté de 40 % entre 1990 et 2008, et le niveau de la mer a augmenté de plus de 5 centimètres au cours des 15 dernières années, soit une augmentation de 80% plus importante que les projections du GIEC de 2001, assure la publication scientifique.
«Dans tout juste 20 ans, le monde aura épuisé ses chances d’avoir une chance raisonnable de limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C», poursuit le document, qui signale par ailleurs qu'en comptabilisant la fonte des calottes glaciaires et des glaciers, l'élévation planétaire du niveau de la mer dépassera 1 mètre d'ici 2100. Cela est beaucoup plus élevé que les prévisions du GIEC. De plus, au-delà 2100, «une élévation du niveau de la mer de plusieurs mètres doit être envisagée.»
Ce rapport conclut enfin que les émissions mondiales doivent diminuer rapidement au cours des cinq à dix prochaines années pour que le «monde puisse avoir une chance raisonnable d'éviter les pires impacts du changement climatique.»
Pour stabiliser le climat, «les émissions mondiales de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serra de grande longévité doivent atteindre l’émission zéro bien au cours de ce siècle», affirme le rapport.