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D.R. |
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Le ministre des Transports et celui des Finances ne s’accordent pas sur leurs compétences dans la mise en place de la compagnie.
L’absence du ministre des Transports, Maïgari Bello Bouba, le 11 novembre 2009 à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen lors de la réception du Dja, n’est pas passée inaperçue. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Mefiro Oumarou, pourtant annoncé, n’a pas été aperçu non plus. D’aucuns ont considéré ces défections comme une manière, pour le ministère des transports, de ne pas apporter sa caution au processus ayant abouti au retour du Boeing 767-300 au bercail.
Ces observations ont pris du relief suite à l’annonce de la tenue d’une "réunion de crise" dans les services du Premier ministre au lendemain de l’atterrissage du Dja à Yaoundé. Des sources indiquent alors que le Pm, Philémon Yang, tenait ainsi à rappeler au ministre des transports, à celui des finances et au ministre de l’Economie la nécessité d’une synergie d’actions autour de la mise en place de Camair Co. En fait, tout serait parti, rapporte-t-on, d’un sursaut d’indignation de Bello Bouba Maïgari, qui aurait mal apprécié certaines déclarations à la presse du ministre Essimi Menyé.
Notamment sur la structuration de la nouvelle compagnie à travers l’appel d’offres pour le recrutement d’un directeur général, d’un directeur financier et d’un directeur d’exploitation ainsi que sur les délais de décollage de Camair Co.
Selon des sources internes au ministère des Transports, le ministre Bello y verrait une façon pour le Minfi de rogner dans des missions qui ne sont pas les siennes. L’on précise en outre que le temps imparti au rôle de liquidateur jusqu’ici, joué par le ministre des Finances est terminé. Il devrait désormais se contenter de celui de tutelle financière. Le ministère des Transports et le conseil d’administration de Camair Co doivent s’occuper de la suite, notamment le volet technique et la structuration de la compagnie.
"Nous avons un rôle à assumer et nous allons l’assumer afin que le Cameroun se dote d’une compagnie aérienne viable et fiable", soutient un proche collaborateur du ministère des Transports. Et d’ajouter que ce ministère ne saurait aller à l’encontre de la mise en place de Camair Co, qui est "une grande ambition du chef de l’Etat". Si l’on ne veut pas communiquer sur les conclusions de la réunion de crise tenue à l’Immeuble étoile, l’on fait néanmoins savoir que le ministre des Transports n’a donné pour l’heure aucune instruction.
A l’Autorité civile aéronautique (Ccaa) et aux Aéroports du Cameroun (Adc) notamment, dans le but de geler le protocole d’accord avec Lufthansa Consulting Group, le consultant qui accompagne l’Etat dans la mise en place de Camair Co, comme le laissaient entendre au lendemain du retour du Dja certaines sources proches du dossier Camair Co. L’action du ministère des Finances a été visible à partir du mois de juin dernier, lorsque le ministre Essimi Menyé s'est déplacé pour Douala pour voir décoller en direction de l'Irlande, le Dja, en vue d’une révision technique.
Sur la même lancée, il y a quelques semaines, le Minfi a effectué une mission en Irlande, question de s'enquérir de l'état d'avancement des travaux de réfection du Dja. L’apothéose a été vécue le 11 novembre dernier avec le retour triomphal de l’avion sous le ciel camerounais. Le conflit de compétences entre le Mintrans et le Minfi pourrait installer Camair Co dans une nouvelle zone de turbulences, trois ans après le décret présidentiel créant cette compagnie aérienne.