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D.R. |
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Réunis à Douala le 11 novembre dernier, les représentants des pays d'Afrique centrale ont reconnu que la sous région enregistre un faible niveau d'appropriation du Nouveau partenariat pour le développement de l' Afrique (NEPAD) de l'Union africaine (UA).
«Nous sommes très en retard. Le NEPAD est mis en oeuvre au Congo dans le cadre des infrastructures, un peu aussi dans les domaines sanitaire et de l'agriculture. Il y a beaucoup de recommandations. Les politiques parlent, mais dans la pratique on ne voit pas grand chose», a expliqué Firmine Mikinguita, directrice des institutions et organismes du NEPAD au ministère congolais de l'Economie, du Plan, de l'Aménagement du territoire et de l' Intégration.
«Au moment où le NEPAD est presque mouvant, on ne nous en parle pas. C'est maintenant qu'on essaie de voir un peu les mécanismes d' exécution de ce programme. Mais, nous espérerons toujours, parce que c'est un programme de l'Union africaine, c'est un programme des Africains», a-t-elle ajouté.
«Il y a des stratégies qui sont conçues et sont mises en application. Il faut effectivement les faire connaître jusqu'à la base. Si les décisions se prennent seulement à un niveau supérieur, c'est-à-dire continental, que deviendra la population? Que feront les populations rurales?», poursuit madame Mikinguita.
«On plaint l'Afrique centrale et nous-mêmes aussi nous nous plaignons, parce que les décisions sont prises à un niveau continental. Il s'avère que l'Afrique centrale est très lente dans l'exécution des projets par rapport à l'Afrique de l'Ouest qu'on prend en exemple», explique-t-elle encore.
Pour l'expert camerounais en technologies de l'information et de la communication Michel Towa, l'Afrique centrale, à la différence de l'Afrique de l'Ouest, est très peu présente dans les organismes internationaux où les décisions sont prises. Prenant le cas de la gouvernance de l'Internet avec la création d'un groupe de conseillers autour du secrétaire général des Nations Unies, «depuis 2006, l'on a dénombré une quarantaine de participations africaines. A elle seule, l'Afrique de l'Ouest en a aligné une vingtaine, parmi lesquelles 9 Sénégalais», lance monsieur Towa.
Il estime que l'Afrique centrale se distingue par une participation unique, enregistrée tardivement en 2009, ce qui a pour conséquence pour le cas du NEPAD que dès qu'il y a une recommandation, l'Afrique de l'Ouest tombe dessus et «gagne beaucoup de ce programme».
Il est en effet démontré que l'Afrique centrale, longtemps freinée déjà par des querelles de leadership entre les dirigeants des pays de la région et l'absence d'une véritable stratégie de développement et d'intégration régionale, a une faible capacité de lobbying auprès des organisations internationales.
«En ce qui concerne le NEPAD, l'Afrique centrale n'a pas été bien touchée par rapport à ce qui a été décidé il y a près de 10 ans. La République centrafricaine a suivi un peu ces activités-là en étant plus éloignée des centres de décision», avoue le représentant centrafricain, Dominique Guerematchi, ambassadeur conseiller du ministre des Affaires étrangères.
Avouant un manque de communication, le directeur du bureau sous-régional pour l'Afrique centrale à Yaoundé au Cameroun de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, Mamadou Hachim Koumaré, soutient cependant qu'il y a eu beaucoup de réalisations dans les domaines des infrastructures notamment.
«Sur les 14 projets qui ont été recensés dans le cadre du plan d'action à court terme du NEPAD, il y en a au moins 6 qui ont déjà un début d'exécution», a-t-il affirmé.
«Vous avez le projet de la route-rail entre les deux Congo ( Congo-Brazzaville et République démocratique du Congo), le pont entre la RCA (République centrafricaine) et la République démocratique du Congo (RDC)», cite-t-il notamment.
Il a également cité deux projets d'interconnexion électrique entre la RCA et la RDC, puis entre le Tchad et le Cameroun. Y figurent aussi deux autres projets de route entre le Congo et le Cameroun, et entre le Cameroun et la Guinée équatoriale. «Vous avez en plus les financements qui sont en cours pour la réhabilitation du barrage d'Inga (en RDC)», a-t-il conclu.