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D.R. Le président français Nicolas Sarkozy et feu le président gabonais Omar Bongo Ondimba. |
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La prise de position de Nicolas Sarkozy sur l'élection gabonaise a relancé le débat sur la politque diplomatique de la France en Afrique, notamment sa face la plus sombre que représente la «Françafrique», dont il avait pourtant annoncé tambours battants la mort sur l'autel de nouvelles relations gagnant-gagnant avec les anciennes colonies dès sa prise de pouvoir en 2007.
Dans une lettre adressée aux parlementaires le 11 septembre dernier, la plateforme citoyenne France Afrique, groupement de 12 associations et ONG françaises, dénonce «la position ambigüe de la diplomatie française face à l’élection contestée d’Ali Bongo Ondimba à la présidentielle gabonaise du 30 août dernier» et s'inquiète des «nombreuses accusations portées contre notre pays sur son rôle jugé obscur joué au Gabon comme lors de plusieurs processus électoraux récents en Afrique».
La plateforme d'ONG dénonce les «ambigüités et renoncements de la diplomatie française face aux élections contestées du général Mohamed Ould Abdel Aziz en Mauritanie et du président congolais Denis Sassou Nguesso, en juillet dernier, aux dérives autocratiques du Président Tandja au Niger, à l’inquiétante crise politique à Madagascar».
Elle insiste surtout sur «la caution apportée au Gabon au fils du chef d’Etat resté maître pendant 40 ans des réseaux et secrets de la Françafrique. Malgré les recours des opposants et le climat troublé régnant au Gabon, Nicolas Sarkozy a adressé le 7 septembre un courrier de félicitations au 'vainqueur'».
Indexant enfin les «réseaux officieux incarnés notamment par l’activisme diplomatique de l’avocat Robert Bourgi [qui] continuent à parasiter l’action publique», la plateforme citoyenne, face à l'inertie de l'exécutif sur les promesses de rupture, a interpellé les députés français pour l'instauration «de mécanismes de suivi de l’action diplomatique, militaire et économique de la France dans les pays africains», conformément à la Constitution.
Concernant l'élection gabonaise, la plateforme citoyenne demande aux députés de peser sur l'exécutif sur les questions de «la nécessité d’encourager une enquête impartiale et incontestable sur l’exactitude des résultats et sur les actes de fraude dénoncés et, le cas échéant, le lancement d’un nouveau processus électoral» ; «la mise en place dans ce délai d’un service diplomatique minimum, tel qu’il devrait être instauré avec les régimes issus d’élections bafouées ou ne respectant pas les droits de l’Homme» ; «la mise en application des dispositions prévues par l’Accord de Cotonou sur le respect de l’Etat de droit (Articles 8-9-96 entre autres) et par la Déclaration de Bamako de l’Organisation Internationale de la Francophonie portant sur le respect et la consolidation de l’Etat de droit dont le Gabon est signataire» et «l’établissement de la vérité sur le rôle confié à Robert Bourgi dans les liens diplomatiques entre la France et le Gabon».
Les députés ont par ailleurs été sollicités pour veiller à l'autorisation de l'information judiciaire sur les «Biens mal acquis» des chefs d'Etats africains en France, dont la décision est en délibéré à la Cour d'appel de Paris.
Pour l'instant, les réseaux occultes de la Françafrique semblent invulnérables à toutes les pressions. Les députés français trouveront-ils les moyens d'exiger du gouvernement la lumière sur les dessous de la diplomatie française en Afrique, notamment au Gabon ?