 |
| ©
D.R: Alain Joyandet |
|
| |
|
Face à l’insuffisance de l’augmentation de l’aide publique au développement attendu par les pays africains pour faire face aux crises climatique et économique qu'ils n'ont pas causé et rattraper leur retard de développement, la coopération française a annoncé des «financements innovants».
Mais pour Oxfam-France, ces financements seraient surtout un artifice de la coopération française pour atténuer ses promesses de financements de manière inaperçue.
Les pays riches avaient promis de consacrer au plus vite 0,7% de leur richesse nationale à l’aide publique au développement et de mettre en place des financements additionnels pour combler l’insuffisance de la coopération internationale.
Si la France s’est engagée à respecter ces principes, elle semble avoir vite cherché des échapatoires en comptabilisant dans l’aide publique au développement, les fonds levés par la taxe sur les billets d’avion, dont ils avaient affirmé qu'elle serait additionnelle.
«Le gouvernement français a assuré pendant des années que les fonds levés pour UNITAID, via la taxe sur les billets d’avion, seraient additionnels à l’aide publique au développement. Cette taxe avait bien été – jusqu’à récemment - comptabilisée dans un compte à part dans le budget. Cependant, discrètement, la France vient de décider d’intégrer les fonds UNITAID dans le calcul de son APD», expliqué Sébastien Fourmy, d’Oxfam France.
«Plus 144 millions d’Euros en 2008 : bingo pour la coopération française ! Sans effort budgétaire, la France augmente son aide au développement», lance-t-il
«Les financements innovants ne doivent en aucun cas être le moyen de combler le retard pris en matière d’aide publique au développement. La coopération française ne doit pas être aussi imprévisible qu’une loterie», dénonce encore Sébastien Fourmy.
«Une aide efficace exige avant tout des fonds pérennes et prévisibles, à l’opposé de ce que la coopération française bilatérale propose aujourd’hui. Les financements innovants doivent servir avant tout l’effort de solidarité internationale, de manière additionnelle, pas les carences de l’aide française. M. Joyandet doit donner des précisions sur ce point», conclu monsieur Fourmy.
L'assocaition a enfin réitéré son soutien à la mise en place d’une taxe sur les transactions financières et demandé au gouvernement français de la défendre publiquement lors des réunions internationales, notamment lors du prochain G20.