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D.R |
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L’huile jetée par les médias français sur les braises de la brouille franco-gabonaise a attisé la colère du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), qui a appelé le 6 mars dernier à un réexamen profond des accords avec Paris, qui pourrait s'étendre jusqu'aux accords de coopération militaire.
Le bureau politique du PDG a invité «instamment le gouvernement et le Parlement gabonais à réexaminer en profondeur les accords de coopération entre la France et le Gabon, afin d'opérer une "rupture", d'ailleurs préconisée par les plus hautes autorités françaises», souligne la déclaration du parti.
Le parti du président Bongo Ondimba explique que cette décision est consécutive à la récurrence de la «vaste campagne de déstabilisation orchestrée contre le Gabon et ses plus hautes institutions» par la France à travers un «acharnement judiciaire marqué par une série de plaintes successives contre le chef de l'Etat».
«Cet acharnement judiciaire est entretenu et amplifié au travers d'une cabale infamante de la part des médias français, faite d'attaques virulentes et portant atteinte à l'honorabilité et à la dignité des autorités et du peuple gabonais», ajoute la déclaration.
«Devant les agissements inqualifiables et inacceptables de personnes qui instrumentalisent à la fois les ONG ayant déposé des plaintes et les médias tant publics que privés français, le bureau politique du PDG exprime sa plus vive indignation, sa profonde réprobation et les condamnent ferment», poursuit le communiqué.
Etant donné l’écrasante majorité du PDG dans les deux chambres du Parlement gabonais, la révision des accords franco-gabonais pourrait bien se concrétiser sans un signal fort de la partie française pour conserver ses intérêts dans ce pays.
En matière financière et économique, la France et le Gabon sont liés par un accord de coopération signé en avril 1983, avec reconduction tacite. Le deux pays maintiennent donc des relations commerciales privilégiées. La France est le premier fournisseur du Gabon et son deuxième client. C’est aussi son premier bailleur de fonds.
Plus de cent cinquante filiales ou succursales d’entreprises françaises y sont présentes dans le secteur pétrolier avec Total Gabon, dans le secteur minier avec Areva qui a signé en octobre dernier trois accords sur la recherche d’uranium. De nombreux domaines sont concernés par cette coopération, notamment les banques, la construction, ou encore l’eau et l’électricité, pour environ 4 400 français salariés au Gabon.
Le volet militaire des relations franco-gabonaises est régi par les accords de défense et de coopération signés au lendemain de l’indépendance. Ceux-ci prévoient notamment le pré-positionnement des forces françaises au Gabon, en tout 800 hommes. Ce dispositif est actuellement en cours de réexamen au niveau français. La base militaire française à Libreville est l’une des principales du continent, avec Dakar et Djibouti.
«Quand on dit renégocier les accords, il s'agit des privilèges que la France a au Gabon», affirme Antoine Glaser, spécialiste de la présence française en Afrique.
Les tensions entre Paris et Libreville avaient débuté avec la diffusion par la 2e chaîne de télévision publique française au début de l’année 2008, d'un reportage sur le patrimoine immobilier en France du président Omar Bongo Ondimba. Ces dénonciations récurrentes avaient fait naître des tensions, que venaient attiser à la même période les expulsions des étudiants gabonais de France en violation des accords spécifiques entre les deux pays.
La nouvelle campagne de la presse française contre le président Bongo Ondimba depuis février dernier sur la saisie en France des comptes bancaires du chef de l'Etat gabonais après sa condamnation à rembourser plus de 457 000 euros versés par un ressortissant français pour faire libérer son père détenu au Gabon en 1996, a jeté de l’huile sur les braises et embrasé l’axe Paris-Libreville.