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D.R. |
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Le président gabonais, Omar Bongo Ondimba, a annoncé dans son message de vœux à la Nation, le 31 décembre à 20h, la formation prochaine d’un "gouvernement de large ouverture".
"Ce gouvernement, je le veux de large ouverture. C’est pourquoi, j’invite tous les chefs des partis politiques de me faire des propositions des personnalités, chefs de partis ou membres susceptibles de faire partie de cette nouvelle équipe ", a déclaré le Chef de l'Etat.
"J’avais dit en 2007 gouvernement de mission. Je dis encore aujourd’hui, gouvernement de mission ouvert et conquérant, collé aux réalités, n’ayant pour seuls objectifs que ceux de ma politique, pour seule ambition, le bonheur du peuple gabonais ", a-t-il ajouté avant souhaiter ses meilleurs vœux à la population gabonaise.
Cette prescription claire du chef de l'Etat suggère-t-elle que l'équipe gouvernementale actuelle n'a pas su traduire dans les faits le projet de société de l'hôte du palais de bord de mer?
Il est vrai que la veille déjà, à l'occasion de la cérémonie de commémoration de son 73e anniversaire, Bongo Ondimba avait exprimé son mécontentement face à la non-application par plusieurs ministres de la feuille de route conçue par le chef du gouvernement. Une attitude qui contrarie l'application de son projet de société, "Mon projet, les actes pour le Gabon"
Ce d'autant que, le 28 décembre marquait les douze mois d'exercice du cabinet de « mission » que le président Bongo Ondimba, dans son discours du 1er décembre 2007 souhaitait « resserré, ouvert à tous les vrais patriotes et mis en place pour des objectifs précis » : améliorer sensiblement les conditions de vie de Gabonais. Son souhait de remanier cette équipe indique clairement que les résultats obtenus sont en deçà de ses espérances.
Déjà au mois d'aout dernier, lors de son discours à la Nation à l'occasion de la célébration de la fête de l'indépendance, la posture du président de la République n'avait guère varié. Il avait promis une amélioration des conditions de vie des Gabonais et a sollicité leur patience pour laisser le temps au gouvernement de travailler. Apparemment ce dernier n'a pas su combler les minima de ces attentes avant le début de la troisième année du septennat déjà marqué par la crispation du front social.
Mais que signifie un gouvernement de large ouverture quand on sait que l'essentiel des partis politiques gabonais participe déjà au gouvernement de mission en place depuis le 28 décembre 2007 ? L'appel du 31 décembre s'adresse probablement à l'UPG de Pierre Mamboundou et à l'UGDD de Zacharie Myboto, les seules formations politiques de poids qui incarnent l'opposition au Gabon.
Si ces deux partis intégraient le gouvernement, Bongo Ondimba aura réussi le tour de force de créer une véritable "union sacrée" autour de lui pour exécuter au pas de course son programme de société en quatre ans. Trouvera-t-il seulement un chef de gouvernement capable de fédérer les énergies de ces différentes personnalités pour faire de ce cabinet une machine conquérante capable de servir aux Gabonais au moins deux repas par jour?