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D.R |
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Les militaires au pouvoir en Guinée, depuis le décès du Président Lansana Conté, ont décidé de suspendre tous les contrats miniers qui lient le pays aux sociétés étrangères.
Cette mesure vise à «assainir le secteur minier qui était gangrené par la corruption, suscitant des appétits voraces de la part des groupes de pression qui déambulaient autour de feu Lansana Conté», estime un analyste averti de la vie politique et économique guinéenne.
C’est ainsi qu’on a assisté ces derniers temps à une remise en cause du contrat de Rio Tinto, un des géants du monde minier, au profit d’une autre société qui comptait aussi bénéficier du gisement minier de Simandou, où Rio Tinto dit avoir déjà investi près de 400 millions de dollars américains.
C’est sans doute pour éviter de tels quiproquos que les nouveaux maîtres du pays veulent voir comment tous ces contrats ont été ficelés. La Guinée dispose d’énormes ressources naturelles telles que la bauxite, le diamant, l’or, l’uranium sans compter les ressources forestières.
Le capitaine Moussa Dadis Camara, a par ailleurs invité la société civile guinéenne, les partis politiques, les syndicats et toutes les composantes de la société à se réunir «très vite » pour lui soumettre des projets et programmes de société.
Le chef de la junte s’exprimait à l’occasion d’une rencontre tenue au camp Alpha Yaya Diallo, le quartier général des putschistes, entre les membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), les partis politiques, les syndicats et la société civile guinéenne.
«Nous, le CNDD nous ne sommes pas faits pour vous diriger. Allez vous concerter et faire toutes les propositions qui doivent désormais guider nos actions et conduire la transition. Mobilisez-vous. Je veux parler des partis politiques que je félicite soit dit en passant pour leur sagesse, parce que nous avons assisté à toutes les difficultés auxquelles ils ont été confrontés», a déclaré Moussa Dadis Camara.
Le nouvel homme fort de Guinée a expliqué que «le retard de notre pays, l’un des plus riches est dû à la corruption», et d’ajouter «que c’est maintenant que vous devez décider des dispositions à prendre par rapport à tous ceux qui se rendront coupables de ce fléau. Dépêchez-vous à nous apporter tout ce que vous voulez, parce que nous, nous devons retourner dans les casernes».
Il a ajouté que celui qui se rend coupable de détournement «sera sévèrement châtié» et d’expliquer que le CNDD pour autant ne veut rien décider aujourd’hui pour «éviter qu’on ne les rende coupables de ce que sera demain».
Toutefois, a-t-il dit, «nous ne voulons pas qu’il y ait des discussions inutiles. Tout ce que nous vous demandons, c’est de vous entendre sur quelque chose et de nous le soumettre très vite. Tout cela c’est pour vous rassurer que comme nous l’avons dit, je ne modifierai aucune constitution pour être candidat à une quelconque élection. Et aucun membre du CNDD ne le fera».
Moussa Dadis Camara, a même demandé aux partis politiques et à la société civile de proposer une date pour la tenue des législatives. «Vous voulez qu’on le fasse quand ? Dans 5 mois, 6 mois ? C’est à vous de décider», leur a-t-il lancé.
Réagissant à cette invitation, un groupe de partis politiques de l’opposition dont l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG) et de l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR), a indiqué dans une déclaration faite dans la nuit du 27 décembre que les élections législatives en Guinée pourraient se tenir avant la fin du premier semestre de 2009.