Serge Maurice Mabiala libéré, est-ce la fin des ennuis ?

mardi 16 février 2016 Politique


La nouvelle a dû réjouir plus d’un dans sa famille stricto- sensu et sa famille politique, les deux qui n’avaient cessé de se mobiliser au motif que leur proche ne méritait pas le sort qui lui était réservé. L’ancien ministre de la Fonction publique, accusé d’avoir détourné à son bénéfice personnel près de deux milliards de FCFA , alors qu’il occupait les fonctions de directeur à la Direction des grandes entreprises, démembrement de la Direction générale des impôts, n’aura finalement eu droit qu’à un procès biaisé. Question : cette libération est- elle le fruit d’un arrangement politique ou de la pression qui s’exerçait sur les autorités gabonaises ?

Vu la tournure prise par l’évènement, ce n’est pas tous les jours qu’un responsable du parti au pouvoir est jeté comme un malpropre à « Sans Famille », il y a lieu de se soumettre à des interrogations pour tenter d’élucider le feuilleton Serge Maurice Mabiala, tant il était entouré en long et en large de non- dits qui pouvaient laisser penser que celui qu’il convient désormais de désigner par ancien pensionnaire de la prison centrale de Libreville, purgeait une peine politique, ce qui n’avait visiblement rien n’à avoir avec la justice à proprement parler.

Beaucoup d’observateurs en effet, n’hésitaient pas à affirmer que Serge Maurice Mabiala payait son positionnement aux côtés des Alexandre Barro Chambrier et autres Michel Menga dans le courant « Héritage et Modernité » né au sein du Parti démocratique gabonais en pleine tourmente alimentée également par la présidentielle qui se profile à l’horizon, pour dénoncer le peu d’égard du président de la formation politique à l’endroit de certains de ses lieutenants et les privilèges dont jouit au sein de la machine un groupuscule au motif qu’il est celui- là qui défend bec et ongles le distingué camarade. Cela aurait- il suffit pour conduire quelqu’un, pas n’importe lequel des citoyens, manu militari directement à « Sans Famille » quand on sait la renommée dont jouit l’univers carcéral gabonais ?

Le linge sale se lave en famille !

Peut- être, la nuit portant conseil, les deux parties, c’est-à- dire l’accusation et l’accusé ont-elles purement et simplement décidé de mettre un peu d’eau dans leur vin aux fins d’enterrer la hache de guerre, conscientes toutes deux que le contexte dans lequel elles avaient choisi de descendre dans l’arène n’était favorable ni à l’une, ni à l’autre. Certes, l’on peut justifier, encore faut- il que des enquêtes soient ouvertes et aillent à leur terme, que l’ancien ministre a, comme nombre d’autres personnalités ayant occupé de hautes fonctions dans la sphère financière, détourné dans le passé de l’argent, mais doit-on, au nom de la solidarité du groupe, nous allions dire de la « fratrie », nous déchirer pour si peu, même si l’on parle de milliards, encore faut- il savoir avec qui il les a partagés…Faire du mal à Serge Maurice Mabiala reviendrait alors à se faire du mal soi- même, souvenons-nous toujours ce passage de la Bible où Jésus demande à celui qui reconnait n’avoir jamais péché de se saisir d’une pierre et de lapider le premier la femme adultère.

Au nom du proverbe bien de chez nous qui veut qu’il y ait dans la maison du père plusieurs chambres, les pédégistes ont peut- être opté à cause du rendez- vous capital de fin d’année et de l’occupation rationnelle du terrain qu’il impose, de se serrer les coudes et la libération de l’ancien ministre pourrait à ce moment être interprétée comme un acte fort et salutaire pour une formation politique plus que jamais minée par des dissensions internes qui, si elles perdurent, n’augurent pas de lendemains enchanteurs pour ce camp que l’opposition rêve de bouter hors des affaires.

Pourvu que ce ne soit pas qu’un épisode parmi d’autres…

La présidentielle, si tel est le cas, et après ? Question qui devrait toujours hanter les esprits chez ceux qui ont oublié le très célèbre dicton d’Omar Bongo Ondimba « si l’oiseau oublie le piège, le piège, lui, n’oublie pas l’oiseau ».

C’est donc dire que cette libération de Serge Maurice Mabiala est loin d’être considérée par certains comme la fin de la brouille avec ses adversaires dans sa famille politique, car d’aucuns peuvent être amenés penser en bons simplistes, peut- être pas aussi, qu’il y a comme des calculs rondement menés qui tendraient à le présenter comme un gracié, justifiant la volonté d’apaisement du distingué camarade président du Parti démocratique gabonais, le temps d’une élection, pour lui remettre le grappin dessus juste après avoir pris connaissance des résultats de la présidentielle, s’être assuré qu’Ali Bongo Ondimba rempile, et avoir géré la situation sociale qui peut, comme les autres années, être explosive.

Sans préjuger de l’avenir, et puisque l’on pense qu’en politique tous les coups et astuces sont permis, il est important de laisser l’eau couler sous le pont pour voir plus clair demain et se faire une idée réelle de ce qui a moti


Tatave

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