Séjour du chef de l’Etat dans la Ngounié : Le projet Graine comme leitmotiv

lundi 2 novembre 2015 Société & environnement


Ali Bongo Ondimba promet aux Gabonais de les sortir de la situation de dépendance alimentaire qu’ils connaissent actuellement et qu’ils ne sont pas prêts d’abandonner si la tendance n’est pas vite infléchie. Mais à quel prix ? Devrait-on se demander.

Cette fois, c’est Mouila, capitale provinciale de la Ngounié, qui accueille le président gabonais qui vient y lancer comme il l’a déjà fait dans l’Ogooué-Ivindo et le Woleu-Ntem, le projet « Graine » visant à lancer l’agriculture et le développement rural afin de lutter contre la pauvreté chez les populations jeunes notamment.

 Il s’agit en même temps que l’on tient à protéger l’environnement, d’aller en guerre contre la faim et la malnutrition. Pour ambitieux qu’il puisse paraître, ledit projet ne rencontre pas moins des difficultés pour son enracinement. Entre autres, celle relevant de la main d’œuvre active que l’on veut abondante alors qu’aujourd’hui les campagnes continuent de se vider au profit des villes pour deux raisons principales : le taux de scolarité et la recherche d’un emploi correspondant à son profil. Auxquelles l’on peu ajouter le vieillissement de la population restée sur place qu’il faudra nécessairement combler si l’on veut atteindre ses objectifs dans des délais raisonnables.

De plus en plus, l’on remarque que l’agriculture, celle qui a pour objectif de nourrir un grand nombre d’êtres humains, se mécanise avec l’usage intensif des machines qui demandent à être conduites par des bras et des cerveaux formés pour, il faut donc pour cela ramener vers les centres pilotes des cadres, des cadres moyens et du personnel d’exécution suffisant, parmi lesquels des autochtones pour donner un sens à la philosophie des gouvernants qui veulent à travers de tels projets fixer les populations et permettre le développement in situ des régions et des hommes y résidant.

 Le Gabon a un handicap, sa faible démographie, mais qu’à cela ne tienne, l’on peut toujours trouver des formules pour contourner ce qui parait être pour le moment une difficulté, c’est par exemple comme cela a été fait pour des travaux de grande envergure dans le passé, nous pensons au Transgabonais, l’importation d’une main d’œuvre venue d’ailleurs qu’au Gabon, avant de penser, contrairement à la Chine surpeuplée, à une politique nataliste en tenant des statistiques fiables, car seules celles-ci nous permettraient de nous faire une idée réelle et non erronée comme c’est souvent le cas de l’évolution de la population secteur par secteur et région par région.

En somme, l’idée du président Ali Bongo Ondimba qui ne doit pas être vue comme un acte à but électoraliste bien que l’on sache 2016 à nos portes, puisque séduisante à première vue, doit amener chacun à se l’approprier afin que la balle soit définitivement du côté des gouvernants qui devront être à ce moment dans l’obligation de prouver aux habitants d’une province ou d’une autre le bien- fondé de leur action. En même temps qu’il est demandé aux Gabonais d’adhérer à cette nouvelle trouvaille, si nouvelle elle est, il est recommandé aux autorités de veiller à tenir jusqu’au bout leurs engagements, il en va de l’état de la confiance qu’elles demanderont au peuple de placer en elles indépendamment des périodes préélectorales.

C’est aussi cela, le partage si l’on tient compte du fait qu’il faut donner à chacun selon ses prédispositions et ses attentes. Mais, il ne suffit pas d’appeler à une adhésion massive autour d’un projet, faut-il encore que l’on donne des garanties sur son effective applicabilité sur le terrain, histoire de dire qu’une fois les fonds dégagés pour soutenir « Graine », ils ne subiront pas le même sort que ceux qui avaient été alloués dans le passé à la défunte Banque Nationale du Crédit Rural, BNCR, morte de sa belle mort.

Ceci constitue une invite des populations en direction des autorités qui se doivent de veiller de jour comme de nuit à la destination prise par l’argent qui doit servir à la motivation et à la réalisation dudit projet du reste futuriste. Parce que ce n’est pas la première fois que les Gabonais se plaindront, s’il en était encore le cas, de ce qu’un projet n’ait pu aller à son terme à cause du manque d’engouement qui a suivi son lancement, conséquence logique de la rupture entre ceux à qui sa mise en route est confiée et ceux à qui il est destiné, c’est- à-dire les populations. Si ce projet lancé à grand renfort de publicité fonctionne comme il se doit, la phrase d’Ali Bongo Ondimba « Je ne serai heureux que lorsque les Gabonais le seront » pourrait commencer à avoir un sens aux yeux de ses compatriotes qui attendent impatiemment qu’on leur apporte la preuve de l’Emergence promise pour l’an 2025. Après tout, n’ont- ils pas droit au « bonheur » tant promis ?


JGN

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