SEEG, quand le service n’est pas au client !

vendredi 27 novembre 2015 Société & environnement


De nombreux librevillois ont une fois de plus vécu dans la nuit de mardi 24 au mercredi 25 novembre 2015, le calvaire que la Société d’Energie et d’Eau du Gabon a coutume de leur servir. Une coupure de courant qui aura duré jusqu’au matin, alors qu’elle est intervenue tôt en soirée, voilà qui demande à réfléchir sur le slogan « Seeg, le service au client ! ».

Il a fait comme d’habitude en pareille circonstance très chaud à l’intérieur des maisons, et pour cause, une coupure d’électricité surprise est venue subitement freiner les ardeurs des foyers où l’on s’apprêtait à suivre « Novelas Tv » ou encore le match de Champions league que livrait la redoutable équipe espagnole du Fc Barcelone. Plongeant ainsi dans le noir une bonne partie de la capitale gabonaise, Libreville, et exposant du coup ses habitants aux actes de barbarie des gangsters qui écument les quartiers et semblent de plus en plus installer une certaine collusion avec les forces chargées de veiller à la sécurité des biens et des personnes.

 Dans plusieurs maisons, des nouveaux-nés qui ne supportaient pas cette atmosphère pleuraient pendant que les parents, eux, suffoquaient tellement la chaleur les étreignait. Les chiens enragés parfois tant ils ne subissent pas de visites chez le vétérinaire en profitaient pour tenter de mordre le premier passant, qu’allait-il en être des conséquences se demandait-on.

Dans les congélateurs, des vivres subissaient le réchauffement, pas climatique, mais celui causé par le manque d’énergie pour alimenter les appareils conçus pour les conserver de la meilleure manière qui soit. Imagine-t-on ce que cela peut coûter à la poche de ces démunis qui ne touchent qu’un salaire de misère toutes les fins de mois ? Ont- ils où se plaindre, en tout cas pas à la Seeg quand on sait la réponse que beaucoup avant eux ont reçu d’elle alors qu’ils se plaignaient d’avoir été traités injustement ou avec très peu d’égard par la seule société censée leur apporter l’énergie et l’eau pour la vie, dixit…

 L’Energie et l’Eau constituent- ils des priorités ?

Oui cependant si l’on s’en tient aux dires de Dame Seeg ! Même si le constat est qu’elle n’en fait pas état lorsqu’il s’agit de matérialiser cette argumentation. Non pas que l’on soit mauvaise langue pour avancer qu’elle s’en fout comme de l’an quatorze, mais simplement attirer l’attention des pouvoirs publics qui ont accordé la cession au groupe « Veolia » et des responsables de la société d’Energie et d’Eau du Gabon, s’il en était encore besoin, sur les désagréments sans cesse causés aux clients qui n’ont malheureusement pas de porte- voix, les associations de consommateurs ne constituant pas jusqu’ici des lobbies puissants capables de faire infléchir les positions de ceux qui devraient leur être redevables.

Dire que la ville de Libreville continue de s’étendre chaque jour en long et en large à un rythme effrénée développant des faiblesses qui vont des problèmes d’adduction d’eau aux difficultés d’approvisionnement en courant électrique. La construction des cinq mille logements sociaux par an aurait pu venir pallier de tels manquements qui, s’ils perdurent, pourraient être à l’origine de biens d’incidents fâcheux. Parce qu’elle devrait logiquement s’accompagner de la viabilisation des espaces et de tout ce qui se rapporte au mieux-être des populations de manière concrète cette fois. Pour ne pas donner l’impression que le Gabon est un pays où la mal- vie devient une fatalité, il vaut mieux que la Seeg et les pouvoirs publics en commun réfléchissent aux moyens à mettre en œuvre pour éviter tant de supplices aux usagers.

 A quelles explications aura-t-on encore droit ?

Certes, il est arrivé au Gabon de connaître des périodes de basse pluviométrie dont l’on rend les changements climatiques responsables, ce qui pourrait dans une moindre mesure se justifier, mais de là à nous bassiner les oreilles avec ce refrain frappé de caducité, la pluie s’abattant sur Libreville tous les jours que Dieu fait depuis le mois de septembre ! On ne nous mentira pas non plus que les coupures connues ces temps derniers sont liées, comme on avait pris l’habitude de nous l’avancer par le passé, à la tombée de troncs d’arbre sur des installations alimentant en électricité la ville. Comme ce ne sont pas les arguments qui manquent pour trouver justification, l’on peut s’attendre cette fois que l’on nous dise que des questions infrastructurelles en sont à l’origine sans pourtant nous les énumérer quand bien même les populations savent que depuis la mise en cession de la Seeg par l’Etat gabonais, le cahier des charges n’a jamais été respecté, ce qui explique la trop grande faiblesse des investissements. Il serait illusoire d’évoquer des questions conjoncturelles, car on ne voit pas bien qu’est-ce que la mévente du pétrole par exemple viendrait faire dans une telle affaire qui place visiblement le fournisseur d’eau et d’énergie dos au mur et devant ses responsabilités.


JGN

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs