Sculpture : Une statuette Tsogho du 19ème siècle restituée au Musée du quai Branly

mardi 13 septembre 2016 Culture & people


C’est à l’occasion du Parcours des mondes, le plus grand rendez-vous des Arts premiers qui s’est tenu le week-end écoulée au musée du quai Branly à Paris que la restitution d’une œuvre d’art gabonaise, précisément une statuette « Mbumba » du 19ème siècle a refait surface dans la capitale française.

Présente dans le lot des œuvres d’arts pillées pendant la conquête coloniale, une statuette « Mbumba » au long cou et d’origine Tsogho, (Ndlr : une des ethnies du Gabon) qui faisait partie dans les années 1950 des collections du Musée du Trocadéro avant d’être volée, a été retrouvée à Paris. En effet, c’est à l’occasion du Parcours des mondes, le plus grand rendez-vous des Arts premiers qui s’est achevé dimanche dernier à Paris que la statuette du 19ème siècle a réapparu. Ainsi la galerie Bernard Dulon dans laquelle s’est tenu le 7 septembre dernier, une exposition consacrée à l’art Tsogho, un peuple guerrier du Gabon incarné à l’époque coloniale par Mbombet à Gnangué qui avait infligé une fracassante défaite aux soldats français à Mouila entre 1902 et 1909, a servi de cadre pour la restitution de ladite statuette. Laquelle statuette figurait dans la collection d’un européen féru d’arts.

Après analyse, les experts du musée du quai Branly sont parvenus à la conclusion selon laquelle « Mbumba » n’est pas, contrairement aux théories jusque-là avancées, une sculpture béninoise, mais bien gabonaise. Il faut aussi préciser que le musée du quai Branly ne l’a pas rendue, mais plutôt récupérée. Pour son président, Stéphane Martin, ce fut « un grand événement ». A en croire l’avocat bruxellois Yves-Bernard Debie, impliqué dans la restitution, « C’est assez rare qu’une œuvre soit restituée au musée, parce qu’il faut d’abord que l’œuvre soit identifiée. Ensuite il faut que le client fasse la démarche. Mais la restitution a été assez rapide, parce que le musée a vraiment un regard bienveillant. Du moment où l’œuvre est identifiée, on prend contact avec le quai Branly et il accepte la restitution d’une manière très simple ».

Un dénouement heureux qui donne des espoirs au Bénin qui a aussi demandé le 27 juillet dernier à la France la restitution des œuvres « pillées » pendant la colonisation. Une première pour une ancienne colonie française ! Ce qui ne sera pas facile selon Yves-Bernard Debie, l’avocat spécialisé en Droit du Commerce de l’art. Il est d’avis que la demande béninoise aura du mal à aboutir, malgré les similitudes avec le cas de la statuette « Mbumba ».


Pacôme IDYATHA

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