Sao Tome & Principe : Les élections compromises après le vol des fichiers électoraux

lundi 15 septembre 2008 Speciales

Le matériel informatique contenant l’ensemble des fichiers électoraux de Sao Tomé et Principe a été volé le 11 septembre dans la capitale de l’archipel, compromettant ainsi la tenue des prochaines élections municipales dans l’archipel, prévues pour 2009. Depuis la crise politique ayant entraîné la chute du gouvernement le 20 mai dernier, le pays est administré par un gouvernement de consensus au sein duquel sont représentés les différents partis représentés au Parlement.

L’incident qui s’est produit le 11 septembre dernier dans l’archipel santoméen, le vol d’une unité centrale contenant des fichiers électoraux, fait sauter aux yeux la faille béante du système de protection des données d’une administration aussi sensible que celle qui a la charge de l’organisation des élections.

Le directeur du cabinet technique électoral du ministère de la Justice, Joaquim Leite, a annoncé le 12 septembre dernier à la presse locale que "les voleurs ont pris l’unité centrale du système ainsi que le serveur, contenant toutes les données des élections passées et les listes électorales".

"Cela pourrait remettre en cause les prochaines élections" a estimé monsieur Leite, alors que le gouvernement avait planifié les prochaines élections municipales pour 2009.

Le directeur du cabinet technique électoral du ministère de la Justice a insisté sur la portée politique de cet incident en affirmant que "ces équipements ne sont pas importants pour les voleurs, mais il y a une motivation politique derrière".

Les élections municipales doivent normalement avoir lieu en 2009, alors que les législatives sont prévues pour le premier trimestre 2010. L’élection présidentielle doit se tenir en juillet 2011.

Le président santoméen, Fradique de Menezes, avait annoncé le 4 juin dernier sa décision de ne pas convoquer d’élections législatives suite à la chute du gouvernement le 20 mai, après la motion de censure votée par les partis de l’opposition.

Le chef de l’Etat avait alors opté pour la formation d’un gouvernement de consensus afin de sortir l’archipel de la crise constitutionnelle et des répercussions économiques de cette instabilité politique.

Ce choix aurait été conditionné par la situation économique et financière de l’archipel. suite à la chute du gouvernement le 20 mai dernier par une motion de censure votée par l’opposition, le pays a été frappé de plein fouet par une suspension des aides et prêts des partenaires internationaux, plongeant l’archipel dans une situation de faillite.

« En ce moment, le pays n’a pas les moyens financiers d’organiser des élections » avait alors alerté le ministre des Finances, Raul Cravid.

L’archipel est un des rares pays d’Afrique centrale où les élections sont jugées libres et transparentes par les observateurs. En revanche, sa vie est rythmée par les crises gouvernementales et les retournements d’alliances.
140 000 des 162 000 habitants vivraient en deçà du seuil de pauvreté dans ce pays, qui souffre de la mauvaise santé du secteur agricole, principale activité sur l’archipel.

Bien que les santoméens tablent sur une manne pétrolière similaire à celle de ses voisins gabonais et équato-guinéens, les explorations dans le Golfe de Guinée n’ont pas encore donné de résultats concluants.


Gaboneco

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