Rupture de contrat avec la SEEG-Veolia : L’Etat sera-t-il à la hauteur ?

lundi 19 février 2018 Economie


C’est la question que se posent de nombreux Gabonais après que l’Etat, poussé par la pression des consommateurs en colère, a mis fin vendredi dernier à la Convention de concession qui le liait, depuis 1997, au groupe français Veolia qui gérait la société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Désormais, c’est un comité ad hoc, essentiellement composé de Gabonais qui prend la gestion de l’entreprise pour 12 mois, en attendant de trouver un nouveau partenaire.

L’Etat fera-t-il mieux que Veolia dans la gestion de la Société d’énergie et d’eau du Gabon ? Saura-t-il se montrer capable de fournir de l’eau et de l’électricité sans dommages à tous les clients de la société ? Voilà les questions qui reviennent depuis vendredi dernier, alors que l’Etat a pris les commandes de la SEEG pour un an, en attendant de finaliser la rupture du contrat avec Veolia et de trouver un nouveau preneur.

Questions somme toute légitimes et pertinentes quand on sait les difficultés du gouvernement depuis quelques temps : des travaux qui ne vont jamais à leur terme, faute de financement conséquent ou pas du tout, ce qui laisse partout l’image d’une ville en chantiers, jamais achevés ; la conjoncture économique difficile que traverse le Gabon depuis fin 2014, et dont les effets prolongés pèsent déjà sur le fonctionnement de l’appareil étatique, qui peine depuis à tenir ses engagements.

A ces difficultés s’ajoute l’accès problématique des populations à l’eau potable dans un pays pourtant gorgé d’eau ; l’accès difficile à l’électricité, avec des coupures intempestives, dans un pays où les chutes d’eau pullulent partout.

La SEEG, une épine sous le pied du gouvernement

Avec des mouvements de consommateurs de plus en plus exigeants et qui promettent déjà que rien ne sera plus jamais comme avant, le gouvernement devrait, pour les 12 mois pendant lesquels il sera à la direction de la SEEG, prouver qu’il peut mieux faire que Veolia. L’enjeu est d’autant plus crucial qu’il joue là sa crédibilité, sa capacité à prouver que l’Etat est capable de relever toute sorte de défis, quels qu’ils soient.

Car sa promptitude dans la rupture du contrat semble avoir déjà mis l’eau à la bouche des abonnés de la société, qui n’hésiteront plus à se faire entendre à la moindre occasion de dégradation de la qualité du service. C’est une décision lourde de conséquences, un peu comme une épine sous le pied du gouvernement qui a dorénavant l’obligation de se montrer à la hauteur de la tâche.


Leno KOLEBA

Vos commentaires

  • Le 24 février à 13:23, par corto maltese En réponse à : Rupture de contrat avec la SEEG-Veolia : L’Etat sera-t-il à la hauteur ?

    "L’enjeu est d’autant plus crucial qu’il joue là sa crédibilité, sa capacité à prouver que l’Etat est capable de relever toute sorte de défis, quels qu’ils soient." quel blague, l’état démontre tous les jours qu’il est incapable de gérer quoi que ce soit : les ordures, les bus , les sociétés pétrolières (addax), le pays. donc la SEEG c’est naufrage garanti

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