RHM : Michel Menga et Barro Chambrier bientôt devant les tribunaux

lundi 15 avril 2019 Politique


La décision a été prise samedi 13 avril dernier par Michel Menga M’essone, qui conteste la mutation du Rassemblement Héritage et Modernité (RHM) en Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM), lors du premier congrès extraordinaire du parti du 5 au 7 avril à Libreville. Dans sa déclaration tenue à son domicile de Bel-air, Michel Menga dénonce la démarche cavalière de Barro Chambrier dans la tenue dudit congrès.

La bataille pour la légitimité entre ces deux formations politiques de l’opposition risque de laisser des plumes, puisque au bout du compte, certains députés et autres élus sous la bannière du Rassemblement Héritage et Modernité pourraient même perdre leurs mandats. Dans son argumentaire Menga, fustige le fait que le congrès extraordinaire du RHM se soit tenu en violation flagrante des statuts du parti. Lesquels stipulent que la tenue d’un congrès extraordinaire obéit préalablement à la tenue des congrès provinciaux, qui préparent ledit congrès. Ces congrès provinciaux ne s’étant pas tenus en amont, ce premier congrès du parti est donc illégal.

Pour Menga, rien que sous cet aspect, Barro Chambrier et les siens auraient violé les statuts du parti, dans le seul but de rendre leurs comptes aux adversaires politiques. Dans le viseur de Chambrier, se trouvent certains pères fondateurs du RHM comme Philippe Nzengue Mandzela, Jonathan Ignoumba et tous les autres jugés proches de Menga. Ils ont été de fait écartés de l’organisation de ce premier congrès, mais aussi du nouveau parti, le RPM. 
Mis ainsi sur le banc de touche après son entrée au gouvernement en mai 2018, Menga et sa troupe n’entendent pas laisser faire Chambrier. Ils ont pris l’engagement d’amener l’affaire devant le tribunal, car selon eux, le Rassemblement Héritage et Modernité est avant tout un parti crée collégialement et légalement constitué. Il ne saurait donc être question pour un individu de le dissoudre unilatéralement de quelque manière que ce soit.
Amis d’hier, après leur sortie collective du Parti démocratique gabonais (PDG), les Menga et les Chambrier se déchirent donc sur fond d’ambitions politiques divergentes. La fratrie politique se disloque, faute d’une bonne gestion efficiente de l’héritage PDG qui part ainsi en fumée. Puisque l’homme de Cocobeach, affirme que le RHM n’est pas à confondre avec le RPM parce que disposant d’une existence juridique, qui ne saurait être effacée à la faveur d’un congrès entre copains.
Mais que reste-t-il réellement d’un RHM devenu exsangue ? Dans tous les cas, quelle que soit la réponse, il semble que c’est là, dans ce parti délaissé au nom du Rassemblement pour la Patrie et la Modernité que se joue désormais l’avenir politique de Menga, lui qui a fait le choix de la continuité de l’histoire à tout prix.
Crée en 2016 dans la foulée de la présidentielle, le Rassemblement Héritage et Modernité n’aura donc pas survécu à un environnement politique en ébullition, marqué par le clientélisme ambiant et les alliances contre nature, tous mus par des intérêts politiques personnels.
Avec cette nouvelle guerre de plus, c’est l’image terne de l’opposition qui est à nouveau renvoyée à la face de l’opinion, une opposition toujours à la recherche d’une bouée de sauvetage, et qui paie là, le prix de ses propres incohérences.


Leno KOLEBA

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