Révolution pacifique de BBM : Signal fort ou simple distraction politique ?

jeudi 28 septembre 2017 Politique


Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ancien vice-Premier ministre, Bruno Ben Moumbamba, (BBM), ne manque pas d’imagination. Sa « Révolution pacifique », lancée officiellement le 26 septembre dernier dans la commune d’Owendo,en est une preuve palpable. Via des footings et autres courses à travers le pays, BBM dit vouloir en finir avec « l’ordre ancien ». Une initiative qui suscite moult railleries et quolibets. Contexte politico-socio-culturel oblige ! Sa démarche aura-t-elle un écho favorable dans le microcosme politique gabonais ?

Depuis son limogeage, Bruno Ben Moumbamba alimente, bon gré mal gré, les débats dans les salons feutrés et autres Grand-Place. Ce dernier, au lendemain de son éviction, a affirmé « avoir pris acte » et annoncé par la même occasion « reprendre son combat politique là ou il l’avait laissé ». Pour joindre la parole à l’acte, BBM mène depuis peu une « Révolution pacifique ». Vêtu d’un costume, BBM arpente au pas de course les artères du Gabon. « J’appelle les Gabonais à courir pour inaugurer une forme de révolution tranquille », a-t-il lancé fièrement à Owendo.

Pour le chantre du « Gabon d’après », cette initiative est loin d’être une farce, telle que véhiculée çà et là. « Lorsque vous courez, non seulement c’est un exercice sportif, en même temps quand vous courez en méditant et en priant pour échapper à l’ennemi qui nous menace, c’est-à-dire l’effondrement de l’Etat gabonais par la volonté de certains de nos frères et sœurs qui ne pensent qu’à eux même, à leur ventre et pas aux générations futures ; si nous courons tous dans le pays, nous allons inauguré une forme de révolution tranquille », soutient M. Moubamba.

BBM, un « phénomène » !

C’est le cas de le dire ! Pour les philosophes, le « phénomène » se définit comme étant quelque chose d’extraordinaire, d’étrange à la conscience. Soulignons s’il est besoin de le rappeler, que le président de l’Alliance pour le Changement et le Renouveau, ACR, n’en est pas à sa première trouvaille politique. Ses légendaires et mémorables grèves de la faim sont encore bien présentes dans la conscience collective.
D’ailleurs, il continue d’en vanter les mérites : « (…) il y a 8 ans, lors de ma grève de la faim devant l’Assemblée Nationale pour défendre l’intérêt général et je continuerai de défendre l’intérêt général ». En définitive, BBM croit fermement que ses actions vont porter des fruits et chemin faisant œuvrer à la mise à mort du système Bongo.

Vampirisme de la création !

Dans son combat personnel et politique, le président de l’ACR occulte une donne fondamentale, et non des moindre, à savoir : la connaissance de l’environnement. Si ailleurs, notamment dans les pays occidentaux, la grève de la faim, pour ne citer que cet exemple, est un puissant vecteur de pression, tel n’est pas le cas au Gabon. Idem pour sa « Révolution pacifique », même si, sur le plan symbolique, l’initiative n’est pas dénuée de tout sens.

Autant de raisons pour lesquelles sa « Révolution pacifique » risque de ne pas atteindre les objectifs escomptés. C’est pourquoi, en réaction à sa dernière initiative, BBM essuie des vertes et des pas mures et autres quolibets plutôt que des encouragements.


Yannick Franz IGOHO

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