Rétrospective politique de l’année 2015

vendredi 1er janvier 2016 Politique


L’année 2015 qui s’achève aura été marquée sur le plan politique au Gabon par une série d’évènements tant réjouissants que douloureux. Au nombre de ceux-ci, nous nous limiterons à présenter les plus saillants, c’est-à-dire ceux qui resteront pour longtemps encore gravés dans la mémoire des Gabonais.

Pèle-mêle, nous citerons cette lutte au sein du parti au pouvoir entre mouvements rivaux, « Mogabo » et « Héritage et Modernité », les seconds dénonçant à tort ou à raison le fait que le président de la République confère beaucoup plus d’importance aux membres de la faction rivale, leur accordant des privilèges de toutes sortes et les privant, eux, de ce qui devrait leur revenir de droit.

La guerre pour la paternité au sein de l’Union du peuple gabonais, UPG, entre tendances dirigées par Mathieu Mboumba Nziengui, Bruno Ben Moubamba, Jean- de- Dieu Moukagni Iwangou et même David Mbadinga, qui donne l’impression que la formation politique de feu Pierre Mamboundou est en lambeaux. Les responsables de certains camps du parti se sont retrouvés devant les juges au tribunal de Libreville qui a débouté Ben Moubamba et Moukagni Iwangou et donné raison à Mathieu Mboumba- Nziengui.

La cacophonie au sein de l’Union nationale, UN, au sujet de la candidature à la candidature pour l’élection présidentielle de 2016, les partisans de l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, UA, Jean Ping, en tête desquels l’ex- Premier- ministre d’Omar Bongo Ondimba, Jean Eyeghe- Ndong, étant contrariés par d’autres parmi leurs camarades. En dépit du tohu-bohu né de cette situation pas encore totalement clarifiée, M.Ping sillonne toujours le pays à la rencontre des populations qu’il veut convaincre de voter pour le changement et donc d’évincer Ali Bongo Ondimba du pouvoir.

Politiquement, l’année 2015 aura également été marquée par des démissions en cascade au sein du Parti démocratique gabonais au pouvoir. Au nombre des plus parlantes, il y a bien entendu celles des deux ex Premiers ministres, Jean- François Ntoutoume Emane, l’un des farouches idéologues du parti unique, et Raymond Ndong Sima qui a commis un ouvrage intitulé « Quel renouveau pour le Gabon ? » dans lequel il dénonce les travers du régime d’Ali Bongo Ondimba, mais aussi avant, celle du Professeur Léon Nzouba du ministère de l’Education nationale et tout récemment celle de Léon- Paul Ngoulakia, frère aîné du président de la République, qui a été empêché par des soi-disant bandits de livrer lors d’une conférence de presse qu’il organisait dans le quartier « Akébé », les raisons qui l’ont amené à quitter le PDG.

Pas moins que ne les a dénoncés dans ses « Nouvelles Affaires africaines », le journaliste-écrivain français Pierre Péan, à l’origine d’une crise entre la France et le Gabon, le Gabon depuis lequel des voix se sont élevées pour dénoncer ce qu’elles ont qualifié de forfaiture. Nous citerons en exemple le best-seller du Professeur Patrick Mouguiama Daouda « Un silure dans la nasse » conçu pour démonter point par point l’argumentation de l’auteur français qui ne répond, selon l’universitaire gabonais, ni à la logique journalistique, ni à celle utilisée dans l’enquête sociologique.

Le lancement des activités au sein du Conseil national de la Démocratie, CND, avec d’entrée la nomination de son président Maître Séraphin Ndaot Rembogo, l’agression à la résidence de l’opposant Jean Ping, le rejet par la Cour constitutionnelle, une grande première dans l’histoire politique du pays, d’une ordonnance portant réformes de la justice et les décès de personnalités de premier plan, Rose- Francine Rogombé, Léon Mébiame, André Mba-Obame et Luc Marat-Abyla, n’ont pas manqué de marquer l’année qui s’achève.

Le Conseil national de la Démocratie a eu du mal au démarrage du fait de l’attitude de l’opposition qui y voyait comme écrivait une certaine presse « une coquille vide » ou encore « une caisse de résonnance du pouvoir ». Cette « méfiance » s’est peu à peu estompée avec l’arrivée en son sein de leaders de l’opposition ayant pris pour certains part aux travaux de sa deuxième session.

Au plus fort de la détermination de Jean Ping à vouloir bomber le torse face à un pouvoir plus que vigilant, un groupe de jeunes gens fit une intrusion à son domicile alors qu’il s’y trouvait lui-même. De nombreux assaillants furent mis hors d’état de nuire et donc maîtrisés et présentés à la presse.

Ce n’était jamais arrivé ou cela n’était arrivé que très rarement, au cas où notre mémoire était faillible, le rejet d’une ordonnance issue du camp au pouvoir bien entendu par la gardienne de la Loi fondamentale, la Cour constitutionnelle. Les Gabonais l’ont vécu comme un signal fort il ya quelques semaines à propos de celle concernant la réforme de la justice.

Enfin, le monde politique gabonais a souffert de la mort l’année 2015 de personnalités influentes aussi bien dans le camp du pouvoir que dans celui de l’opposition. Tel est le cas de Rose-Francine Rogombé qui a géré de main de maître la transition en 2009 après le décès à Barcelone de feu Omar Bongo Ondimba, de l’ancien Premier- ministre de ce dernier qui aura mis plus de temps que tous ceux qui lui ont succédé à ce poste jusqu’à ce jour, Léon Mébiame, du leader de l’Union nationale André Mba Obame dont l’arrivée à Libreville de la dépouille avait créée une véritable tension bienheureusement jugulée par les forces de l’ordre, et de Luc Marat Abyla qui présidait le groupe PDG au sein de l’Assemblée nationale.


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs