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Rétrospective Economie : Le Gabon doit faire mieux en 2016

vendredi 1er janvier 2016 Economie


Crise économique mondiale du pétrole, réformes publiques, croissance économique en déclin, budget revu à la baisse, grogne sociale, activités économiques au ralenti, licenciements économiques, dette intérieure impayée…, 2015 s’achève sur une note d’insatisfaction généralisée. Tour d’horizon d\’une année économiquement morose !

L'année 2015 a enregistré presque que tous les scénarii économiques. Crise, réformes publiques, croissance économique en déclin, budget de l’Etat à la baisse, grognes sociales successivess, activité économique au ralenti, licenciements, dette intérieure. Bref, tous les aspects dépréciatifs étaient au rendez-vous.

La crise pétrolière mondiale

Personne n’avait prédit la conjoncture du secteur pétrolier mondial. En sa qualité d'exportateur de pétrole, le Gabon subit les dommages collatéraux. Le prix du baril de pétrole avoisinant les 115 dollars, il y a seulement 18 mois, est actuellement en dessous de 40 dollars. Une situation liée aux importantes productions pétrolières, à travers la planète. C'est donc un truisme de dire que le Gabon tirant 50 % des recettes budgétaires de l'exploitation pétrolière vit mal cette conjoncture. « Le choc de la chute des cours du pétrole est rude pour le Gabon  », dixit Ali Bongo Ondimba, dans une interview accordée au média français Les Echos. C'est ce qui explique l'arrêt momentané de certains projets et emprunts.

Réformes publiques

Pour contrer les effets attendus de la conjoncture du marché pétrolier à moyen et long terme sur l’économie gabonaise, l’Etat a en janvier 2015, mis en place le Pacte National d’Ajustement de la Compétitivité (PNAC). Pris au début de la crise pétrolière, ce programme prévoit un ajustement de la compétitivité, une rigueur dans la gestion des finances publiques, une réduction du train de vie de l’Etat, une révision du dispositif des taxes, une réduction des missions à l’étranger et la centralisation des frais de mission au seul ministère du Budget.

A côté de cette mesure, il faut souligner la Budgétisation par Objectif de Programme (BOP) dont l'objectif recherché est la meilleure traçabilité des décaissements de l’Etat.

 Une autre réforme et pas des moindre, le Nouveau Système de Rémunération (NSR), effectif depuis le 25 juillet dernier. Lequel système a permis une hausse moyenne des salaires des fonctionnaires de 30 %.

Les chantiers

Les réformes publiques engagées en 2015 ne sont pas les seuls aspects positifs de l’action publique. Des chantiers, déjà réalisés où en phase de réalisation sont également à inscrire dans cette rétrospective économique de l'année 2015. Parmi eux, le Programme Gabonais des Réalisations Agricole des Initiatives des Nationaux Engagés (GRAINE), lancé en mars dernier, à Makokou, dans la province de l’Ogooué Ivindo. Celui- ci consiste à attribuer aux coopératives agricoles des parcelles de terre à cultiver. On peut également citer pêle-mêle le complexe métallurgique de Moanda, l’usine de transformation d’huile de palme d’Awala, (localité située près de Kango), le lancement du « chantier du siècle », la route Omboué-Port-Gentil, un linéaire long de 93,7 km réalisé par l’entreprise chinoise China Road & Bridge Corporation (CRBC) et dont les travaux se poursuivent toujours.

Au delà de ce tableau idyllique, il y a aussi les ratés, au nombre desquels La Marina, le projet de construction d’un Champ triomphal sur l'actuel Port-Mole et ses environs, évalué à 225 milliards de francs CFA. Un projet en arrêt.

Gouvernance économique et politique

Gouvernance publique, viabilité économique et financière, environnement des affaires, politique, politique publique, corruption, sécurité, infrastructures progressent au Gabon à rythme moyen. Les rapports tels que Doing business, l’Indice Mo Ibrahim, Indice mondiale de la compétitivité, le Palmarès mondial des pays les plus compétitifs, le Rapport Coface, l’Indice de gouvernance en Afrique, Control Risks reconnaissent que le Gabon a fait des efforts en matière de développement politique, économique et social mais le plus gros reste à faire. Les indicateurs d’appréciation micros et macro-économiques sont mitigés.

Grogne sociale

En la matière, 2015 apparaît comme une année particulièrement chaude. Revendications de la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation national (Conasysed), grève de l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep), mouvements sociaux de la Dynamique unitaire, grèves à répétions des agents de Gabon Télévision et Radio Gabon, des agents de la Fonction publique et bien d’autres n’ont pas manqué de perturber le climat socio-économique. La grogne sociale révèle les dysfonctionnements des politiques publiques dont la "fameuse" Prime d’Incitation à la performance (PIP), remplacée par le Nouveau Système de rémunération (NSR).

Défis économiques

18 mois après, la crise pétrolière ravage toujours l’économie nationale. La chute de la croissance économique, (de 5,1 % à 4,2 %) et du budget (de 3073,3 milliards de franc CFA initialement prévu à 2651,2, soit -422,1 milliards de réduction)en sont les parfaits exemples. Le danger économique est peut-être proche et imminent ? Le Gabon doit faire face à la spirale d’endettement occasionné par les emprunts à répétition et répondre aux revendications en suspens des agents de la Fonction Publique. A ce titre que nous réserve donc 2016 ?


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