Retour au bercail de Jean Ping : Peut-on encore croire au miracle ?

lundi 28 novembre 2016 Politique


La question est désormais sur les lèvres de nombreux Gabonais au regard de l’obstination de Jean Ping, déclaré perdant du scrutin présidentiel du 27 août dernier, qui continue toujours de se déclarer président élu du Gabon. Et cela lors que son rival, Ali Bongo lui jouit désormais de l’effectivité du pouvoir au palais du bord de mer.

Après un séjour de près d’un mois qui l’a mené à Paris, à Bruxelles et à New York où il a rencontré certains élus européens et américains, Jean Ping, l’ancien candidat déclaré perdant contre Ali Bongo Ondimba à la dernière présidentielle est rentré au bercail, samedi 26 novembre courant. Accueilli triomphalement par les siens comme on pouvait s’y attendre, "le président déchu" a expliqué à ses partisans les mobiles de son pèlerinage Occidental, qui selon lui avait pour but de mobiliser la diaspora gabonaise et la communauté internationale contre le pouvoir d’Ali Bongo, qui a opéré un coup d’Etat militaro-électoral.

Alors que le rapport de l’union européenne dont les observateurs ont déjà vivement critiqué la réélection d’Ali Bongo, est fortement attendu par le camp Ping, cette tournée avait concrètement pour but d’accentuer la pression sur les Occidentaux pour qu’ils prennent des sanctions ciblées contre le régime d’Ali Bongo, qui selon lui s’est imposé par la force. Au bout de cet isolement international, Jean Ping espère une asphyxie complète du pouvoir de son rival, et par ricochet une paralysie totale du pays. Ce qui pour lui pourra provoquer un soulèvement populaire de tout le pays contre Ali Bongo pour le contraindre à la démission. Il s’agit là de la logique de la "Résistance" prônée par l’ancien président de la commission de l’union africaine, qui a décidé de tenir la dragée haute à son ex-beau-frère, dont il jure par tous les dieux de ne jamais reconnaître la victoire.

Une "résistance" inopérante

Si l’objectif de la démarche de Jean Ping est de parvenir à l’éviction d’Ali Bongo, avec l’aide de la communauté internationale et de la diaspora, il y a lieu quand même de s’interroger sur l’efficacité d’une telle initiative. Car même dans les rangs de l’opposition dite radicale, nombreux de ceux qui l’ont soutenu durant la campagne électorale ne cachent plus leurs doutes quant aux chances d’aboutissement de cette logique. Ce sont entre autres René Ndemezo’Obiang, son ancien directeur de campagne, par ailleurs président de Démocratie nouvelle, Mike Jocktane, Vice-président de l’Union nationale et même de Casimir Oye Mba, l’ancien Gouverneur de la BEAC, qui s’est désisté en août dernier au profit de sa candidature, sans compter tous les autres soutiens qui s’éclipsent les uns après les autres dans l’anonymat de peur d’être taxés eux aussi de traîtres.

Pour tous ceux là, la cour constitutionnelle ayant déjà rendu son verdict, toute autre action populiste ne sera que vaine et inutile. Car ni les objurgations de la communauté internationale via l’union européenne, ni les oracles de la diaspora gabonaise en France, aux Etats-Unis ou un peu partout ailleurs, ne viendront déloger Ali Bongo qui s’est déjà installé avec toutes les manettes du pouvoir. Il ne s’agit pas de traîtrise destinée à la recherche des prébendes ou à légitimer le pouvoir d’Ali Bongo comme certains le prétendent contre tous ceux des opposants, qui prennent position en faveur d’un dialogue politique national avec le pouvoir. C’est une question de réalisme politique et de rapport de forces. Et le rapport de forces visiblement ne semble pas être en faveur de la "résistance".


Charles Nestor NKANY

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