Rétention de la CENAP : Etat de droit ou « Etat de nature » ?

mercredi 20 juillet 2016 Politique


A la lecture du « Contrat social » de Jean-Jacques Rousseau, homme de lettres français du XVII Ième siècle, l’on remarque que l’un des principaux instigateurs de la révolution de 1789 interpelle l’humanité tout entière sur ce que l’Homme étant un Etre social devrait se conformer aux règles par lui-même mises en place pour réguler le fonctionnement de la République aujourd’hui devenue et faire en sorte que chacun cède une partie de sa liberté pour conférer aux institutions un droit de regard sur les actes qu’il pose et donc considérer que tous les hommes sont égaux devant la loi. Ce qui se passe ici ne répond pas à ce principe qui devrait cependant être de mise dans une Démocratie digne de ce nom.

Si la Commission électorale nationale autonome et permanente, CENAP, a été mise en place par la volonté de tous les politiques gabonais, pourquoi ne pas les satisfaire tous au nom de l’impartialité et du pluralisme ?

Alors qu’approche la présidentielle tant attendue et que chacun veut être fixé sur son sort pour mieux affûter ses armes et mettre les chances de son côté, ce qui est de bon aloi, l’institution devant réguler le déroulement des opérations électorales vient encore de prouver qu’elle est partisane et acquise au camp au pouvoir, aux dires de l’opposition engagée dans un seul et même combat depuis quelques jours, celui de mettre fin au règne des Bongo. Selon ses propres dires l’opposition a montré son insouciance devant ses revendications légitimes portant sur l’accès, comme l’admet la loi, aux archives des pièces d’état civil du Président de la République Ali Bongo Ondimba.

Autre argument venu soutenir sa thèse, le refus de René Aboghé Ella, président de la Cénap, de considérer les 3.000 lettres de contestation des citoyens électeurs et de les faire examiner par l’assemblée plénière. Autre fait encore et non des moindres, l’absence au sein de l’institution de ses membres durant les journées de samedi 16 et dimanche 17 juillet dernier, alors que l’on sait la sensibilité des dossiers soumis et l’échéance approchant à pas de géant.

D’où la décision de l’opposition qui dit vouloir recourir à un huissier pour l’établissement du constat qui démontre que même les responsables de la Commission électorale la représentant battent en retraite ou sont peut-être aux ordres tout naturellement parce qu’il se pourrait qu’ils soient mouillés, pense être privée de jouir de ses droits au nombre desquels celui de s’informer gage d’une démocratie agissante. Du coup se pose-t-elle la question de savoir si le jeu subtile de la Cénap ne vise pas à faire gagner du temps au camp au pouvoir et à lui en faire perdre dans le but de la disqualifier lors de la course à la présidence de la République.

Ce d’autant plus que sa démarche loin d’être fortuite consiste à rassembler les arguments de protestation à brandir pour contester la candidature d’Ali Bongo Ondimba, conformément à la loi. Vu qu’en son sein, cette opposition comporte des magistrats de haut vol capables de retourner dans tous les sens divers dossiers.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’un tel comportement n’est pas de nature à assurer la tranquillité publique au moment où la paix est vendue comme un gadget, dire qu’elle symbolise bien ce que les Gabonais ont de plus cher, pour preuve Omar Bongo Ondimba a usé à bon escient du mot et de ce qu’il a de sous- entendu pour gérer un pays dans lequel il a déclaré avec dépit en fin de règne que Dieu n’avait pas permis de faire du Gabon ce qu’ils étaient, lui et la classe politique gabonaise, en train de faire.

Il n’est pas question pour la CENAP de s’attirer les foudres de qui que ce soit, car elle a une mission qu’elle doit s’employer à remplir de la meilleure manière qui soit, cela peut contribuer à apaiser l’atmosphère politique quelque peu délétère par les temps qui courent, alors qu’il faut à tout pays sauvegarder certaines valeurs cardinales pour sauver l’essentiel qui se résume souvent au « vivre ensemble ». Si l’on tient compte de la logique qui présente tous les candidats comme des personnalités déterminées à servir réellement le Gabon, pourquoi ne pas accorder à chacune d’entre elles sa chance auprès des populations dont elles sollicitent les suffrages pour qu’enfin et ces dernières et le pays en soient les principaux bénéficiaires.


Dounguenzolou

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