Résurgence de la piraterie maritime dans les eaux gabonaises

lundi 23 décembre 2019 Société & environnement


Deux navires de pêche, un cargo, le « Tropic dawn » et un navire appartenant à la société de transport maritime Satram ont été attaqués par des pirates dans les eaux gabonaises, à la lisière de Libreville. Le bilan de cette attaque maritime fait état de la mort d’un commandant de bord de nationalité gabonaise et de l’enlèvement de deux employés chinois. Cet énième acte de piraterie maritime fait débat à Libreville, alors que depuis quelques années des moyens ont été mis en place pour sécuriser les côtes gabonaises.

« Dans la nuit du 21 au 22 décembre 2019, dans la rade de Libreville, des attaques pirates ont été perpétrées par des individus non identifiés à bord d’embarcations rapides contre 4 navires, dont deux de la Sigapêche (Guoji 866 et Guoji 867), un de Satram (Tropic Dawn) et un cargo (African Kalmia)  ». C’est l’annonce faite par le gouvernement gabonais réuni en urgence. Le fait tragique de cet incident maritime est le décès d’Aymar Mboumba Mbina, commandant du navire de la société Satram, de nationalité gabonaise et l’enlèvement de deux employés de la société Sigapêche, tous de nationalité chinoise.

Selon les autorités gabonaises, ces attaques ont été menées à bord d’embarcations rapides par des assaillants non identifiés, au mouillage des navires près de la capitale, Libreville. Depuis, les forces de défense et de sécurité en collaboration avec Interpol sont à pied d’œuvre pour retrouver les commanditaires de cet acte de piraterie. Par la même occasion, des mesures ont été prises par le gouvernement pour sécuriser le trafic maritime, alors que celui-ci a été interrompu par prudence.

La piraterie maritime dans les eaux gabonaises

Cette attaque est une des plus violente sur la liste des nombreuses attaques du genre perpétrées en moins de six ans.
En juillet 2013, au large du cap Lopez, un site proche de Port-Gentil et du plus important terminal pétrolier du Gabon, un bateau battant pavillon maltais avait été victime d’une attaque similaire. Le navire, avec à son bord 24 marins d’origine indienne a été forcé de faire route vers le Nigéria. « C’est la première attaque d’une telle gravité au large du Gabon  », avait confié le gouvernement gabonais.
En août 2018, c’est au tour d’un tanker de 121 mètres ayant à son bord 17 marins d’origines géorgienne de subir le même sort, toujours au large des côtes gabonaises. La Pantelena de son nom, qui se situait entre les eaux du Gabon et de Sao Tomé-et-Principe, battait pavillon panaméen avait en effet disparu des écrans. Le navire appartenait à la société grecque Lotus Shipping. Le navire avait « coupé le système de balise qui émet sa position  ». Selon un militaire régional, « la première chose que font les pirates quand ils abordent un bateau, c’est couper cette balise ». Bien que ces actes ne soient pas exhaustifs, ils permettent cependant de comprendre que cette situation n’est pas nouvelle dans le Golfe de Guinée, notamment au Gabon victime de ces attaques depuis quelques années déjà.

Inefficacité des actions menées ?

Le Golfe de Guinée, partie de l’océan Atlantique qui couvre une dizaine de pays africains dont le Gabon, concentre à lui seul, 82% des enlèvements d’équipages dans le monde selon une étude du Bureau maritime international (BMI). Conscient de cette faiblesse, les autorités gabonaises ont entrepris depuis 2013 des actions en faveur de la lutte contre la piraterie maritime. Ces actions se sont notamment manifestées par la signature dès 2014, d’un accord de partenariat avec Telespazio, une société franco-italienne de services spéciaux. A Libreville, cette société avait installé un « Earthlab », un centre de services d’observation par satellite destiné à lutter contre les différentes formes de trafic dont le trafic maritime.

Puis, s’ensuivra durant quelques années , une série de coopération militaire avec les Etats-Unis, l’Union européenne (UE), la France et bien d’autres. Grâce à ces actions, entre 2013 et 2014 par exemple, le nombre d’actes de piraterie maritime baisse de 18% de manière globale dans le Golfe de Guinée notamment en Afrique centrale. Aujourd’hui, si ce trafic refait surface, c’est qu’il y a certainement eu une baisse de vigilance dans la sécurisation des côtes gabonaises.


Michael Moukouangui Moukala

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs