Résultats des élections gabonaises : Quand la longue attente crée la suspicion !

mardi 29 mars 2016 Politique


Ils sont de plus en plus nombreux, ces compatriotes qui se demandent pourquoi leur pays, avec une population de moins de deux millions d’habitants, seulement, peine à proclamer les résultats des urnes rapidement. Alors que des pays comme le Sénégal, le Burkina Faso, le Bénin, pour ne citer que ceux-là, malgré leur forte population réussissent cette prouesse.Comment expliquer cette longue attente que beaucoup qualifient de tactique de fraude électorale ?

Environ une semaine ! C’est le temps minimum nécessaire qu’il faut à la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP), pour livrer au grand public, ne serait-ce que les premières tendances des urnes. Un délai jugé abusif par de nombreux compatriotes ne comprenant pas toujours les raisons de cette attente. Surtout que la population du Gabon, à en croire le dernier recensement général de la population, est d’à peine 1. 802. 728 habitants. Toutefois, la CENAP peine à publier les résultats en un temps record.

Inimaginable ! Quand on sait que le fichier électoral n’est constitué que de quelques 800.000 électeurs. Alors que d’autres Etats, notamment ceux de l’Afrique de l’Ouest comme le Sénégal, (avec plus de 13 millions d’habitants) ; le Bénin (10 millions) ; le Burkina Faso (16 millions), pour ne citer que ceux-là, n’ont besoin que de quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote pour livrer les premières estimations du scrutin. Un paradoxe !

Une lenteur empreinte de suspicion

Une technique de fraude électorale ! C’est le cri de tous ceux qui dénoncent l’incapacité de la CENAP à rendre publiques les résultats du vote en 24h, sinon un peu moins, surtout pour une population électorale jugée dérisoire comme celle du Gabon.Une longue attente jugée « inutile » pour tous ceux n’hésitant pas à comparer l’expérience de leur pays à celles des autres. Et leur étonnement est d’autant plus grand, en se souvenant qu’en 2012 au Sénégal, Me Wade n’a eu besoin que de trois heures pour reconnaître sa défaite face à son rival Macky Sall.

Un exemple loin d’être le seul puisqu’au pays des hommes intègres (Burkina Faso), Zéphirin Diabré a reconnu lui aussi sa défaite contre Roch Marc Christian Kaboré, quelques heures seulement après le scrutin de novembre 2015. Au Bénin (le pays qu’on cite désormais en exemple pour sa conformité démocratique), le Premier ministre Lionel Zinsou n’a pas tardé à reconnaitre sa déroute face à l’homme d’affaires, Patrice Talon, quelques temps seulement après la fermeture des bureaux de vote, et ce, alors même que les opérations de dépouillement étaient en cours. La liste de ces pays cités en référence est loin d’être exhaustive.

Des exemples qui donnent le tournis aux populations de l’Afrique centrale, zone réputée exemplaire pour sa rébellion démocratique d’antan. Ce qui expliquerait certainement l’organisation des élections « à huis clos », loin des regards inquisiteurs des réseaux sociaux, devenus l’un des instruments incontournables de transparence dans la gouvernance des Etats modernes. Et le Congo de Sassou Nguesso vient de nous en donner le plus bel exemple avec le scrutin présidentiel du 20 mars dernier. Une élection ayant constitué en même temps une punition pour tout le peuple congolais privé de communication pendant plus de 72 heures.

Une nouveauté démocratique au 21ème siècle. Dans ces conditions il devient presqu’impossible pour les adversaires (même avec des résultats médiocres fiables) d’accepter leur défaite. Et l’argumentaire de « passage en force » trouve toute sa validité parce que confronté à un environnement électoral, déjà pollué de suspicions de hold-up électoral. Et c’est dans ce lot que nombreux se plaisent à définir la situation électorale du Gabon, qui n’est pas étrangère a celle de ses compères de la sous-région. Election « a huis clos », et dont la longue attente des résultats crée les suspicions de fraude et les sempiternelles contestations des résultats.


Charles Nestor NKANY

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