Responsables des médias publics : Désormais le vote des pairs comme mode de désignation !

jeudi 25 février 2016 Société & environnement


C’est la résolution approuvée à l’unanimité par l’ensemble des participants, lors du séminaire de concertation entre les journalistes et les acteurs du processus électoral. Un séminaire organisé conjointement par l’Association des journalistes agenciers audiovisuels et de presse écrite (AJAPE), et journalistes en Afrique pour le développement (JAD) Cameroun, du 22 au 23 février dernier, à la Chambre de Commerce de Libreville.

Que les Directeurs Généraux des chaines publiques de radio ou de télévision ne soient plus nommés en Conseil de ministres, mais plutôt élus par leurs pairs. Une résolution approuvée par l’ensemble des participants présent à cet atelier qui a regroupé les journalistes, les représentants du Conseil National de la Communication, (CNC) et ceux de la société civile. Objectif : arrêter ensemble les modalités d’une couverture équitable de l’élection présidentielle à venir.

De l’avis des participants, les journalistes exerçant dans les médias publics brillent par une recrudescence notoire de l’autocensure. Une situation, qui, de l’avis de Mme Aminata Ondo, Présidente du Syndicat national des agents de l’audiovisuel public (SNAAP), est en grande partie imputable au mode de nomination des directeurs généraux, qui sont nommés en conseil de ministre, et donc par copinage, alors qu’ils devraient être élus par l’ensemble des agents de ces médias là. Des patrons qui pour la plupart ne présentent aucun dévouement, aucun intérêt pour la gestion du service public, mais qui une fois nommés imposent des entraves à la liberté du traitement équitable de l’information.

Une triste réalité influençant le comportement de certains journalistes vassalisés, et en quête de promotion, surtout dans un pays où la promotion n’est plus gage d’un travail méritoire, mais plutôt d’une appartenance politique affichée. L’objectif étant de travailler dans le sens de plaire au directeur ou à tout autre responsable, parfois au mépris de toute exigence professionnelle, afin d’espérer être nommé conseiller en communication de tel ou tel ministreou même à la presse présidentielle.
Une désignation garantissant la liberté de la presse ?

Difficile de répondre avec exactitude, mais tous les participants s’accordent à reconnaître que la nomination par conseil des ministres des chefs des médias publics constitue en elle même une entorse à la promotion de la liberté de la presse. Et ce, dans la mesure où ces promotions relèvent d’abord des nominations politiques. Ces personnes une fois nommées ne contribuent qu’à travailler dans le sens de préserver leurs propres intérêts et ceux de leurs responsables hiérarchiques, à la méconnaissance des règles journalistiques.

Une situation, qui aux dire des participants, expliquerait l’autocensure et le manque de pluralisme sur les médias d’utilité publique, souvent présentés comme des porte-voix du pouvoir. D’où la « la couverture impartiale, en faveur du pouvoir, lors de la dernière élection présidentielle de 2009 », ont reconnu les participants. Alors que l’élection par les pairs d’un directeur, avec un mandat limité et reconductible, laisse à la personne désignée la possibilité de travailler avec professionnalisme, car n’étant redevable à aucune hiérarchie politique ou administrative. Une question qui mérite un peu plus d’attention pour plus de crédibilité des médias publics, surtout au regard des enjeux du moment.

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