Réquisition de la SEEG : Quid de l’avenir de l’entreprise ?

jeudi 22 février 2018 Economie


La récente prise de contrôle de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), filiale du groupe français Veolia, par l’Etat qui accuse l’entreprise de ne pas répondre à ses engagements suscite des inquiétudes sur l’avenir de l’entreprise, quand on connaît le sort réservé aux sociétés étatiques au Gabon.

Après tout le bruit autour des raisons qui ont poussé l’Etat gabonais à rompre le contrat de concession pour l’adduction en eau et électricité après 20 ans de « sereine » collaboration avec le groupe Veolia, maison mère de la SEEG, c’est désormais l’avenir de la société qui cristallise les débats. Qu’adviendra-t-il de la société, des investissements et des salaires ? Au-delà de ces interrogations, c’est surtout la capacité des manageurs nationaux à maintenir le cap. Surtout que le constat empirique prouve que les sociétés publiques ont toutes ou presque mis la clé sous le paillasson. En atteste le sort de nombreuses entreprises publiques et parapubliques, entre 1990 et 2000, tels que l’OPT, Air Gabon, Hevegab, Gabon Airlines, pour ne citer que celles-là, (Ndlr : privatisées au début des années 2000, par faute de bilan satisfaisant). Dans le même lot on peut y loger le cas de la de Poste Bank plongé dans des malversations financières importantes, de la Banque gabonaise de développement (BGD) ou encore de Sogatra, toutes des entreprises gérées par des Gabonais.

Qu’adviendra-t-il de la SEEG ? Le plus inquiétant dans cette histoire ne réside pas uniquement au niveau du paiement des salaires, mais particulièrement dans la continuité du service à savoir la desserte nationale en électricité et eau courante. « L’Etat ne dispose pas de suffisamment de moyens pour réaliser les investissements nécessaires à la réalisation de cette ambition », estime l’analyste économique Mays Mouissi. Un truisme explicatif du déclin des entreprises nationales.


Michaël Moukouangui Moukala

Vos commentaires

  • Le 24 février à 11:59, par Jean Claude BOLAN En réponse à : Réquisition de la SEEG : Quid de l’avenir de l’entreprise ?

    Bonjour,
    Entre 2010 et 2014, alors que Veolia prétendait avoir investi plus que prévu par la convention de concession (+300 MDs) et refusait de sortir le moindre sou pour soutenir la demande qui avait explosé, l’Etat via le Ministère de l’Eau et de l’Energie a consenti beaucoup d’argent pour cette tâche (programme de construction des différents barrages et centrales, programmes de construction des différentes stations d’eau). Malheureusement cette tâche sera réalisée avec plus ou moins de bonheur car sans le soutien technique de la SEEG en tant qu’assistant technique (Veolia ayant refusé aussi et à juste titre de ne plus fournir cette assistance au Ministère). Un audit devrait être commis pour évaluer la consistance des investissements (biens de retour et nouveaux) revendiqués par Veolia (en 20 ans) et ceux réalisés par l’Etat sur la période. Mais dans les deux cas la préoccupation des gabonais reste intacte : nous refusons d’être abusé par cette chicane d’initiés. Le service de l’eau et de l’électricité doit répondre à des exigences de qualité universelle ; l’expérience que nous venons de vivre avec Veolia dite "major" du secteur nous amène à la question suivante "qui mieux que nous mêmes pourrait satisfaire à ces exigences ? A l’époque, le problème qui avait conduit à la privatisation de la SEEG n’était pas technique, la SFI (organe de la banque mondiale) l’ayant reconnu dans son rapport. Les gabonais se souviendrons que le pays avait été soumis au diktat du FMI pour des raisons que nous connaissions tous. Jusqu’à ce jour les aspects techniques de ce secteur sont maîtrisés par des nationaux alors que le cordon de la bourse avant ou après la privatisation de la SEEG "a toujours été" entre les mains des expatriés venus de "France" ; comprenez vous cela ? Trouvez-vous cela normal ? Que nous reproche t’on ? Ne sommes-nous pas dignes de gérer nous mêmes nos vies et celles de nos enfants de manière intègre ? Doit on toujours pointer notre gestion dès qu’on parle d’argent ? je n’ai pas souvenir que nos parents étaient candidats à remplir nos prisons pour cause de malversations financières, alors d’où nous vient cette manie ?

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