Requête de l’Union Européenne : Une autre patate chaude !

jeudi 26 octobre 2017 Politique


Décidément le microcosme politique gabonais est tout sauf « un long fleuve tranquille » ! La nouvelle discorde entre d’une part les autorités gabonaises et de l’autre l’Union Européenne, l’UE, (Ndlr : l’uns de ses partenaires), en constitue la parfaite illustration. L’UE vient à nouveau de jeter un pavé dans la mare, en intimant subtilement à l’actuel régime d’ouvrir une enquête indépendante sur les émeutes postélectorales. Objectif : faire toute la lumière sur les violences enregistrées à la suite de la réélection controversée d’Ali Bongo Ondimba en août dernier. Une requête à laquelle ne comptent pas accéder le pouvoir.

Les autorités gabonaises, déjà secouées par une crise postélectorale qui s’éternise, associée à celle enregistrée dans le secteur pétrolier, doivent faire face à une autre tension, et pas des moindres. En effet, le 19 octobre dernier, l’Union Européenne, (Ndlr : un des participants au dernier scrutin présidentiel pour l’avoir en partie financé), est revenue à la charge. Cette dernière demande à nouveau l’organisation d’une enquête indépendante sur les violences postélectorales, soldées par des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels.

A en croire cet organisme, « c’est un passage obligé afin de rétablir la réconciliation entre tous les Gabonais ». L’UE de préciser que cette option permettra de « garantir la stabilité (…) du système démocratique gabonais ». Une requête formulée dans la foulée du dialogue entamé entre l’UE et le Gabon. Lequel dialogue devrait accoucher des reformes tous azimuts.

Entre courroux et étonnement du Gouvernement !

Sans surprise, le gouvernement n’a pas du tout apprécié cette sortie de son partenaire. D’après le Ministre de la Communication et par ailleurs Porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilié By Nzé « Nous sommes surpris de cette demande, alors que le Gabon a déjà saisi, de sa propre initiative, la CPI, seul juge international reconnu par tous ».

Son étonnement est d’autant plus grand, car, selon lui, « Un travail est en train d’être fait (…) des mécanismes d’apaisement ont été mis en place pour ramener la sérénité dans le pays : dialogue avec l’opposition, ouverture des institutions à ses représentants, projet de réforme constitutionnelle, etc. Nous sommes engagés à aller au bout de ce processus ». Voila qui a le mérite d’être clair, les rapports entre l’UE et le Gabon sont loin d’être pour l’heure au beau fixe.

Un troisième acteur dans la danse ?

Jean Ping qui revendique sa victoire volée à la dernière présidentielle et accuse ouvertement le pouvoir d’avoir orchestré un « raid » sur son Quartier Général, sis au quartier Charbonnages, doit rire sous cape. Faut-il voir dans cette demande de l’Union Européenne les fruits de ses périples internationaux ? Difficile à dire. Toujours est-il que le camp du candidat malheureux va très certainement surfer sur cet épisode, au grand dam du pouvoir. Ne dit-on pas qu’ « en politique tous les coups sont permis » ?

Bien qu’ayant un caractère non contraignant, la requête de l’UE a au moins le mérite de remettre sur la sellette la nécessité de situer les responsabilités des auteurs et commanditaires des violences postélectorales. Pour l’heure, les regards sont désormais tournés vers la CPI qui après sa dernière mission d’information doit décréter ou pas l’ouverture d’une enquête.


Yannick Franz IGOHO

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