Réformes économiques : Le « vampirisme » de la création !

lundi 5 novembre 2018 Economie


Les récentes réformes initiées par le gouvernement sur la masse salariale des agents de la fonction publique n’ont pas entraîné de facto, comme souhaitées, la baisse du coût de vie. Bien au contraire les prix des produits de consommation courante caracolent toujours comme avant voire plus. En atteste les statistiques 2018 qui montrent une persistance des tensions inflationnistes ayant pour principale conséquence la dégradation du pouvoir d’achat des ménages.

Logement, eau, gaz butane, électricité, carburants, transport, santé, enseignement, etc… des produits et services, pour la plupart non comestibles, enregistrent depuis quelques temps au Gabon, une hausse non maîtrisée de leur coût d’échange découlant de la suppression des subventions et à la libéralisation des prix de certains produits par le gouvernement. Cette augmentation observée en dépit des mesures de maîtrise des prix et de sécurisation du pouvoir d’achat des ménages, mise en place par le gouvernement pour contrer les tensions inflationnistes est en inadéquation avec les réformes annoncées lors du conseil des ministres de juin dernier qui sous-tend une baisse de la masse salariale (Ndlr : considérable diminution également de certains avantages) pour une meilleur maîtrise des dépenses publiques. Cette inadéquation est illustrative des tensions inflationnistes en cours au Gabon.

Suivant les prévisions de la direction générale de la statistique (DGS), les mouvements de hausse observés sur l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) en 2017 se sont poursuivis en 2018, avec une augmentation du phénomène à 3,6% contre 3,4% en 2017. Au second trimestre de l’année qui s’achève, l’inflation s’est située à 4,5% contre 2,7% au cours de la même période en 2017. Si la DGS explique ces variations par la hausse des cours à l’international de ces produits, cette situation ne profite pas aux ménages asphyxiés par le phénomène, alors que dans le même temps, les emplois se raréfient, associé au fait que les salaires et autres avantages professionnels ne suivent pas forcément.

Vraisemblablement, ce phénomène semble dépasser le gouvernement qui peine à trouver des solutions idoines. Et le pire est peut-être à venir ! En gestation, la Loi de finances 2019 annonce déjà ses couleurs avec des nouveaux postes de dépenses qui vont très certainement dégrader un peu plus, le pouvoir d’achat des ménages. En baisse de 3,8%, malgré une situation des cours du pétrole en hausse, cette loi prévoit des nouvelles redevances pour les ménages en dépit d’une précarisation des salaires domestiques. Mais il faut attendre la position du Parlement qui doit statuer sur les propositions de financement contenues dans cette loi objet de controverse diverses. S’il advenait que le Parlement valide ce projet de Loi de finance, les tendances de hausse pourraient se poursuivre au cours des prochaines années.


Michaël Moukouangui Moukala

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs