Recommandations des « Assises du sport » : Le gouvernement attendu au pied du mur

jeudi 16 août 2018 Sport


Des recommandations et une série de propositions, le séminaire sur la nouvelle gouvernance du sport national s’est achevé mardi dernier au Cap Estérias, en présence du Ministre des Sports, du président du comité olympique gabonais et des responsables du mouvement sportif. Les 8 commissions ont émis des idées fortes pour permettre au sport gabonais d’être désormais compétitif à l’international. Tous les acteurs mettent l’accent la formation et la gestion rigoureuse et professionnelle des moyens financiers qui vont de nouveau dégagés. Fini donc l’ère du copinage et de l’amateurisme. Place désormais à une nouvelle gouvernance au service d’une nouvelle vision du sport.

Le Sport de haut niveau obéit à des exigences, de telle sorte que tout son environnement doit indubitablement être professionnel. Après constat de son état maladif, tout le monde s’accorde à changer la donne. Les nouvelles dispositions qui vont régir le sport doivent être partagées par tous. Du financement du sport, à la formation en passant par les infrastructures sportives et la médecine sportive, le cadre juridique doit être rapidement mis en place pour sanctifier let baliser la nouvelle vision du sport au Gabon. Cependant, les dirigeants gabonais souffrent d’un problème d’applicabilité des textes.

D’où l’étonnement de Mélanie Engoang, médaillée d’or aux Championnats d’Afrique de judo en 2000 en Algérie et aux jeux mondiaux militaires en 1995 en Italie, « Si toutes les décisions qui ont été prises sont respectées, je pense qu’il ne peut plus y avoir des problèmes au niveau du sport national. Le problème au Gabon, c’est qu’on prend des décisions sans suite. On espère que cette fois ci, c’est une fois pour toute ». Elle est rejointe dans son idée par le 2e vice- président de la Fédération gabonaise de Karaté et arts martiaux affinitaires (FEGAKAMA), Me Alex Nguema Obame « Je suis pour une gestion autre que celle menée depuis là. On doit redynamiser le sport et faire avancer les choses. Il faut changer tout ce qu’il y a autour. Nos dirigeants font trop dans l’amateurisme et cela ne favorise pas l’excellence. On ne respecte pas ce que nous décidons. C’est là le véritable souci ».

La formation est le socle de la réussite. L’ancien entraineur de l’équipe nationale de football gabonais, Alain Da Costa Soares est convaincu que le renouveau du sport national passe par cet axe « Sans formation aucune, cela va être difficile d’être compétitif. Il faut former dans tous les domaines. Il faut repartir à la base en formant les plus jeunes avec les nouvelles méthodes modernes. Si nous ne sommes pas formés, on fonce droit vers le mur ». Dans ce sens il faut saluer la reprise de l’OGSSU, (Ndlr : Office Gabonais des Sports Scolaire et Universitaire) dès la prochaine rentrée scolaire. Dieudonné Mefaghe, Directeur technique national de la fédération gabonaise de boxe salue cette initiative « Le vivier du sport national se trouve dans une bonne organisation de l’OGSSU. C’est une très bonne idée de faire reprendre le sport de masse dans les milieux scolaires. Je souhaite que tout soit bien organisé pour permettre aux jeunes de mieux se vendre. L’état doit donc former les encadreurs qui vont gérer les enfants à l’école. Nous sommes un petit pays, nous avons les moyens pour faire appliquer une bonne politique sportive au niveau des jeunes. Nous devons à travers cela préparer l’avenir ».

Dans cet élan, le premier entraineur à avoir fait joué Azingo National un ¼ de finale de la CAN (Afrique du Sud 1996), Alain Da Costa Soares ne trouve pas à redire. « L’idée est intéressante. Dans tous les domaines on recherche des pépites. Aux USA, les meilleurs joueurs de la NBA sortent des universités américaines. C’est une bonne politique qui a déjà démontré son efficacité. C’est dans le sport de masse que l’on trouve et détecte les grands talents. C’est à travers la formation qu’on peut envoyer les jeunes s’aguerrir dans les grands clubs pour enrichir nos équipes nationales ».
Désormais, on va assister à un changement total de paradigme. On note pêle-mêle, l’élaboration d’un cadre juridique des groupements sportifs et du statut des joueurs. Pour cela il y aura entre-autres, la révision du modèle économique des clubs. Le but étant d’en faire des entités financièrement viables qui vont être liées au Ministre des Sports par la signature d’un contrat d’objectifs.

Les séminaristes ont aussi pensé que l’état doit mettre en place un nouveau modèle économique, mais surtout que le gouvernement soit désormais rigoureux en renforçant le contrôle de l’état dans la gestion des finances et des activités sportives.
Pour faire évoluer les choses, il a aussi été recommandé que l’INJS, l’Institut National de la Jeunesse et des Sports s’arrime au contexte mondial. Il lui faut assurer de nouvelles formations dont des administrateurs du sport, et autres managers sportifs. Il faut aussi signer des conventions avec des universités étrangères et des fédérations sportives internationales. Désormais le public et le mouvement sportif attendent les signaux forts du gouvernement pour que la nouvelle vision du sport soit effective.


YAO

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