Rappel à l’ordre adressé à la police nationale : Il était temps !

lundi 16 novembre 2015 Société & environnement


Jean-Clotaire Oye Zue, Commandant en chef des Forces de police nationale, frustré par le fait que ses agents soient de tout temps au centre d’affaires propres à salir l’image du corps qu’il tient à redorer pour, paraphrasons Ali Bongo Ondimba lorsqu’il était ministre de la défense nationale, en faire une police en « Or », au sens d’opérationnelle et républicaine, a entrepris la semaine écoulée d’inviter l’ensemble de ses collaborateurs et leur servir un message non pas d’encouragement, mais d’incitation à la retenue.

Le rappel à l'ordre du commandant en chef des Forces de police adressé à ses subordonnés ressemblait ,sans doute pour être plus juste, à un message incitant à la prise de conscience venant à point nommé. Car, plus un jour en effet ne passe sans qu’un ou des flics ne soient pointés du doigt, impliqués qu’ils sont dans des affaires contraires à la morale ou à leurs missions dont les centrales relevant de la protection des personnes et des biens.

C’est que le commandant en chef en avait marre pour ainsi dire de se voir interpeller, y compris par la rue, à l’instar de ces femmes commerçantes qui ont choisi de se dénuder pour faire entendre leur mécontentement face aux tracasseries policières devenues récurrentes. Le comble étant que les agents auteurs de tels actes restent pour la plupart impunis comme si cela relevait d’une règle tacite : l’on entend parfois certains compatriotes exténués avancer, ont- ils tort ou raison ? Que ces policiers obéissent bien aux ordres de leurs supérieurs hiérarchiques, même si force est de reconnaître qu’ils en font un peu trop et s’illustrent par ce que l’on qualifie d’excès de zèle.

En bon lecteur de Rabelais qui affirmait : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », le « Comchef » a dû refaire de la pédagogie pour ceux de ses collaborateurs qui n’ont pas suffisamment intégré la notion de service public qui incombe à la police. Car, il ne suffit pas d’être armé pour se comporter comme on le désire soi- même, encore faut- il être animé du désir de bien remplir sa mission d’ordre au sein de la société, feu Thomas Sankara n’avait- il pas en son temps avancé qu’un militaire sans formation politique est un criminel en puissance ?

Que fallait- il comprendre par ces quelques mots ? Eh bien, tout simplement qu’il faut qu’un « militaire », comprenne que son rôle premier n’est pas celui de se retourner contre ses concitoyens, mais plutôt de les défendre vis- à- vis de l’adversité. Or, combien d’agents de la police nationale lâchés dans nos rues l’ont-ils compris ? Eux, qui sont prompts à dépouiller le moindre entrepreneur gabonais, usant de moult stratagèmes pour justifier les vols et autres rackets dont il est victime et devant lesquels il demeure impuissant.

 Il faut oser couper le mal à la racine…

A son corps défendant, le commandant en chef a voulu apporter à la face du monde l’image d’un responsable qui ne laisse pas se développer le vice au sein de ses écuries, en tout cas pas trop longtemps. Mais, il ne lui manquera pas très certainement de revisiter les causes profondes de ce malaise qui vont chercher dans les conditions de recrutement de certains agents sans enquête de moralité souvent ou presque toujours ces temps derniers. 

Ce qui nous surprend de voir en uniforme de policiers, un voleur, brigand, fauteur de troubles que l’on n’a même pas eu le temps de recycler ou sur lequel l’on n’a pas pris la peine d’interroger le passé. Ceci expliquant cela, l’on peut aisément comprendre pourquoi au lieu de veiller à la sauvegarde des personnes et des biens et ne pas briller par la non- assistance à personnes en danger dont on les rend responsables dans la plupart des cas, les policiers devraient sécuriser du mieux qu’ils peuvent, ce qui éviterait des scènes ahurissantes et déshonorantes à la cité.

En d’autres termes, il serait souhaitable que l’on ne vive que de moins en moins des scènes du genre de celles présentant des flics qui violentent des populations ou des usagers de la route sans souvent avoir raison ou pour un rien, alors que des solutions sont bien envisageables. Les policiers veulent- ils nous apprendre qu’ils sont dispensés d’instructions civiques ? Si oui, comment le comprendre, mieux l’admettre ? Nous osons croire que comme le décrivait le musicien congolais des années 70 Mopero, '' Laver la tête d’un singe, ne sera pas gaspiller du savon''.

Ce qui veut dire dans le contexte présent que la cure que voudrait apporter le « Comchef » à ses troupes leur sera bénéfique et permettra au corps de désormais avoir de meilleurs rapports avec le citoyen avec qui la rupture est peut- on dire prononcée.

Ce que l’on feint sans doute d’ignorer, ce sont les multiples conséquences que peut engendrer un tel état de fait, il suffit de se référer à ce qui s’est déjà ou se produit sous d’autres cieux sur le continent, car le Gabon ne vit pas en vase clos depuis que les réseaux sociaux alimentent les conversations à longueur de journée, renseignant jusqu’aux confins du monde tout habitant du village planétaire.

Le journal « Echos du Nord » n’a-t-il pas titré dans l’une de ses récentes parutions « le Gabon a son Bouazizi ». Ceci ne devrait- il pas, nous amener à prendre conscience de l’évolution des mentalités qui peut se traduire par moments par des crises dont le risque principal est qu’elles deviennent insolubles.


JGN

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