Rachat des parts de Veolia : Le coût de cession frappé par les clauses de confidentialité

jeudi 21 février 2019 Economie


L’arbitrage du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a débouché il y a quelques jours à la cession par le Groupe français Véolia, de 51% de ses parts dans le capital de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). L’Etat Gabonais est le principal repreneur de ces parts. Toutefois, le montant de cette négociation reste un secret que ni Véolia encore moins l’Etat Gabonais ne sont prêts à divulguer. Les clauses de la négociation les obligent à garder le secret.

Au Gabon, la nouvelle de la cession de 51% des parts du Groupe français Veolia dans le capital de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), alors que les deux parties avaient il y a encore quelques mois, du mal à s’entendre et ont eu recours à l’arbitrage du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), est tombée de manière inattendue. Entre la surprise générale devant la facilité du règlement de cette affaire qui court depuis l’an dernier et le caractère de la contrepartie offerte par l’Etat gabonais à son ancien partenaire qui aurait poussé les Français à lâcher prise, les questions sont nombreuses. Et les confidentialités mises en exergue par le ministre de l’eau et de l’énergie, Tony Ondo Mba, sur les conditions de négociations dans une interview accordée au quotidien d’information l’Union accentue encore plus les spéculations.

Après le deal, contrairement à la pratique courante et à la singularité de cet accord, le coût de rachat des parts de Véolia demeure inconnu. «  Le coût de rachat fait également partie des clauses de confidentialité de l’accord transactionnel  », fait remarquer le ministre dans l’interview. Suivant les clauses de la négociation, les deux parties, c’est-à-dire Véolia et l’Etat Gabonais sont frappés par le sceau du secret « sous peine de violation des dispositions de l’accord  ». Toutefois, ajoute le ministre, « le montant de la transaction est conforme au prix d’acquisition des actions d’une société de cette envergure  ». Quel est donc ce prix ? C’est la grande question qui devrait suivre à la suite de ces propos sachant que ces parts ne peuvent avoir une portée conventionnelle donc, préalablement être garantie par un coût.

Pour rassurer l’opinion nationale, le ministre conforte le caractère souple de cette transaction en montrant qu’«  il ne s’agit pas d’une transaction qui impactera l’équilibre de nos finances publiques  ». Quelle a été la nature de la contrepartie pour qu’elle ne puisse pas impacter les finances publiques quand on connait l’envergure de la SEEG ? Entre une redevance à titre de dette chiffrée en milliards de francs CFA et une transaction passée sous le crible d’une souplesse financière de nature à préserver l’équilibre des comptes gabonais, comment l’Etat est-il parvenu à contenter les détenteurs majoritaire de Dame SEEG ?


Michaël Moukouangui Moukala

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs